Attendu comme un messie, Assassin’s Creed tient-il toutes ses promesses qui nous ont été faites à travers les différentes démonstrations, les interviews, les vidéos ou encore les images ? L’Assassin va-t-il tout tuer sur son passage ou va-t-il laisser survivre quelques défauts ?
C’est ce que nous allons de suite décortiquer :
Le temps des CroisadesJe ne dévoilerai pas l’introduction de l’histoire, ni même son fondement qui est, somme-toute, surprenante et inattendue (quoique certains indices sur les vidéos ont été donnés et pourraient vous mettre sur la voie de la vérité,
merci de ne pas en parler dans les commentaires) mais sans doute, sert-elle de pirouette permettant de rattraper un scénario un peu fragile. Brièvement je peux quand même vous dire, sans spoiler, que l’action se passe en 1191 au temps des croisades et des Templiers, que vous êtes Altaïr Ibn La-Ahad (ce qui signifie « Fils de… personne » ouf ^^), vous faites partie de la guilde des Assassins mais suite à une bourde (vous avez tué un innocent, c’est pas bien…) vous êtes déchu de votre rang et vous allez devoir assassiner des "méchants" pour retrouver vos galons au sein de votre communauté.
Toit, Toit mon toit…Pour se faire, vous vous baladerez de ville en ville (dont Jérusalem, Acre et Damas), de toit en toit, de clocher en clocher afin de faire apparaître, grâce à ces derniers, les différents objectifs pour mener à bien vos enquêtes (et d’autres optionnels pour les chasseurs de succès) et commettre vos crimes, ceux qui à la longue deviennent peu variés : larcins, espionnages de conversations, assassinat de cibles, courses de drapeaux (ça rappelle Crackdown, vous savez le jeu de la bêta d’Halo3) et secourir des citoyens harcelés par des gardes. Tous ces objectifs permettent donc de faire avancer l’enquête et ainsi débusquer « la » cible principale, tels que des marchands véreux ou encore un ecclésiastique médecin qui fait des expériences douteuses sur de pauvres gens pour lesquels nous ne manquerons pas de courage à les égorger à vif. Effectivement, le jeu est assez violent et les gerbes de sang fusent de part et d’autre aux coins des rues (PEGI +18 quand même). Il ne vous sera pas nécessaire d’effectuer toutes les enquêtes pour pouvoir aller assassiner la cible principale de chaque quartier, 3 ou 4 suffiront suivant les enquêtes, mais il vous sera difficile de ne pas vouloir toutes les remplir car on sent bien qu’un succès se déverrouillera en les menant toutes à leur terme.
Tu sais c’est pas si facile d’assassinerL’action est assez simple dans les premiers quartiers de chaque ville, mais au fur et à mesure la difficulté croît car les gardes sont de plus en plus méfiants et prêts à intervenir dès lors que vous faites un faux-pas devant eux. Et ils ont vite fait de vous débusquer, même sur les toits, et oui, vous n’êtes pas le seul à savoir grimper aux murs avec aisance, les gardes sont tout aussi bien entraînés que vous dans cet exercice. Par contre ils sont un peu bêtaux lorsque vous vous cachez dans le foin ou les cabanons lors d’une poursuite (les cachettes sont d’ailleurs très nombreuses) et que l’alerte est terminée, vous pourrez sortir sous leurs yeux sans même qu’ils ne vous reconnaissent, non, ils n’ont plus qu’une idée en tête, redescendre voire même tomber dans la rue pour les moins malins. Bref l’IA aurait pu être un peu plus aboutie à ce niveau-là.
Quelle souplesse ! Quelle technique de combat !Altaïr se meut très élégamment et plutôt aisément (à l’image du Prince de Perse des mêmes développeurs, UbiSoft Montréal) même si il a parfois tendance à ne pas suivre tout à fait la direction qu’on lui donne, mais souvent c’est pour s’accrocher au bon endroit ou atterrir sur la bonne poutre ou corniche, en gros c’est qu’on avait mal visé… Il est possible de grimper sur tous les bâtiments et il faudra même parfois chercher l’unique façade d’une église ou d’un temple qui permette d’accéder au sommet, un peu de recherche ça ne fait pas de mal. Les animations du personnage sont très travaillées et très variées dans les phases de promenade, jamais les mains ou les pieds ne se trouvent à côté d’une prise, pas de place à « l’à-peu-près ». Bien sûr tous les mouvements sont précalculés mais il faut bien reconnaître là un gros travail des développeurs au niveau du level design pour que tout soit aussi précis face aux déplacements de l’Assassin.
Pour les combats c’est idem, élégants et stylés, violents même, les contre-attaques variées du fait des différentes armes disponibles : épée, petites lames, lame secrète, poings et lancés de couteaux qu’ils faut chaparder à certains citoyens ou même en les mettant KO. Encore une fois on ressent bien et on regrettera les côtés mécaniques des combats, et principalement ceux de mêlées, surtout lors des contre-attaques et contre-prises (il suffit d'attendre une attaque d'un des ennemis en étant en garde et d'appuyer sur un bouton au bon moment pour déclencher la contre-attaque ou la contre-prise) ou on regrettera encore le côté aléatoire des coups mortels ou des simples blessures, on aimerait choisir de tuer ou de repousser les adversaires. De plus la fréquence trop importante des combats et leurs répétitivités à l’image des objectifs sont à ajouter au tableau des regrets car du fait toute cette mécanique est encore plus visible. Pourtant de nouvelles compétences gagnées au fur et à mesure de l’histoire permettent d'élargir la diversité des contre-attaques mais le principe reste le même, ce sont simplement de nouvelles animations, qui elles sont bien variées, pour un résultat identique au niveau de la sensation de jeu.
La beauté des RoyaumesLa spécificité de l’époque choisie et des lieux que l’on parcoure durant le jeu permettent d’avoir sous nos yeux ébahis de magnifiques paysages, des vues de clochers dans des villes plutôt grandes et un royaume encore plus long à traverser que Paris, même à dos de cheval, avec une profondeur de champ et une qualité des détails dans la très très bonne moyenne actuelle. On se surprendra souvent à admirer pendant plusieurs minutes les décors et les paysages du haut de nos clochers. On notera tout de même quelques clippings de-ci de-là, des textures qui tardent à s’afficher, du jour à quelques rebords de fenêtres mais rien de franchement dérangeant. On sent quand même que la 360 est un peu poussée dans ses limites actuelles. Quelques bugs de collision entre la toge d’Altaïr et ses jambes qui traversent le tissu, mais cela reste rare heureusement car là c’est moins excusable…
Les villes sont très peuplées, il y a de la vie mais on peut quand même noté encore une fois un manque de diversité dans les citoyens, on voit toujours le même type de gens.
On va se faire sonner les clochesLes musiques assez discrètes dans l'ensemble sont en parfaite harmonie avec l'ambiance et elles collent bien à l'action, d'ailleurs c'est un compositeur habitué des jeux vidéo, le bien-nommé, Jesper Kyd qui les a toutes réalisé. Les voix françaises sont crédibles et de bonnes qualités même si elles ne collent pas toujours avec les mouvements des lèvres des personnages. Par contre, quand on est mauvais comme moi et qu'on doit recommencer des missions ratées par 5 ou 6 fois, il aurait été plus malin de la part des développeurs de donner au joueur la possibilité de passer les dialogues, c’est un peu saoulant de les subir plusieurs fois de suite. Pour finir sur les sons, les croisements de fer et autres cris de douleurs sont également bien rendus.
Combien de temps peut durer un assassinat ?La durée de vie du jeu est très variable. Si on s’en tient à mener les enquêtes juste nécessaires pour débusquer les cibles principales, le jeu ne peut durer qu’une poignée d’heures. Par contre, si comme moi vous préférez suivre toutes les enquêtes de l’intrigue et que vous êtes moyen, il vous faudra compter plus d’une vingtaine d’heures pour boucler l’histoire. Pour les plus acharnés et les fanatiques des succès à débloquer vous pourrez partir, toujours à la façon Crackdown, à la recherche des centaines de drapeaux et des dizaines de templiers à tuer, disséminés partout dans le royaume, les villes et les villages. Sans guide (ou même avec) vous rallongerez la durée du jeu d’au moins une dizaine d’heures (voire plus sans un guide).
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