Publié par ZombieHunter le mardi 15 novembre 2011 à 00:43
Comme chaque année, voici venir le nouvel épisode d’Assassin’s Creed, une très bonne occasion de montrer à ces saligauds de templiers de quel bois on se chauffe, nous, les Assassins fidèles au crédo. « Rien n’est vrai, tout est permis » comme le veut la coutume. Et après un Brotherhood dont on ne spoilera pas la fin surprenante, cette cuvée Revelations est porteuse de promesses et d’espoirs comme rarement. Ce nouvel épisode entreprend un véritable mélange des différents scénarii que la saga nous avait proposés auparavant, avec les trois protagonistes : Ezio, Desmond et Altaïr. Attendez-vous donc à du lourd, à des révélations fracassantes, et à jouer cette fois-ci avec un Ezio grisonnant et vieilli. Rome est déjà loin derrière.
Un Italien chez les Byzantins
C’est à Massyaf, patelin bien connu des joueurs présents depuis le premier épisode, que débute l’aventure. Il convient de préciser d’entrée que Assassin’s Creed Revelations s’adresse clairement, d’un point de vue scénaristique, aux habitués de la série tant il utilise les épisodes précédents comme base, et déstabilisera grandement les néophytes. Pour faire simple, vous ne comprendrez pas grand-chose si vous n’avez pas joué aux précédents volets. Surtout le premier… Cependant, la ville dans laquelle se déroule la quasi-totalité du jeu, Constantinople, fait sa toute première apparition dans la série. Son ambiance tranche net avec celle, intégralement Italienne, des deux aventures précédente d’Ezio Auditore. Gros contraste donc, car un univers très oriental se déploie sous nos yeux : les accents changent et l’arabe fuse de toutes parts, les tissus et épices venus par bateau de tout le bassin méditerranéen colorent vivement chaque étal de marchand, rendant cette ville cosmopolite chaleureuse et accueillante. On s’en doutait bien, mais cela reste un émerveillement : le design de Constantinople durant la Renaissance est saisissant et magnifique, bourré de détails et extrêmement travaillé. Tout joueur retrouvera donc cet agréable sentiment de découverte qui l’avait déjà étreint en se lançant dans Assassin’s Creed II ou Brotherhood.
Question superficie, Constantinople n’a rien à envier ou presque à Roma, étant quasiment aussi étendue. Mais aussi grande et vaste soit une ville dans un jeu vidéo, elle n’est rien sans ses PNJ et ses quêtes ou mini-jeux à faire et refaire. On se rappelle de Rome où l’on pouvait effectuer diverses missions pour le compte des Assassins, mais au sein de laquelle il était également possible de collecter des trésors chez les hommes-loups. L’entrainement de sa propre équipe d’Assassins faisait son apparition très remarquée, au côté de la rénovation de Rome en se débarrassant de l’influence des Borgias. Les Assassins et la gestion de ces derniers reviennent également dans Revelations. En revanche, c’est dans les villes du bassin méditerranéen que l’on envoie ses acolytes, et on doit y maintenir son influence en réussissant régulièrement des missions. Il est également possible une fois de plus de faire appel à eux à tout moment en cas de coup dur. Mais cette fois plus de factions à dépouiller de ses trésors via des niveaux de plateforme et c’est bien dommage. Elles ont été remplacées par des petites quêtes telles la recherche d’écrits cachés dans Constantinople, nettement mois amusantes. Parallèlement à cette baisse de régime des side-quests, c’est le concept d’influence des Templiers et de rénovation de la ville qui bien évolué, et qui se révèlera le plus gourmand en temps.
C’est MA tour !
Que la vie était facile à l’époque où Ezio vivait encore à Rome : une petite tour brûlée après avoir dispensé quelques coups de lames secrète au chef templier du coin, lui ayant ainsi accordé le repos éternel et la zone était à nous. Pas plus compliqué que cela. C’est ce qui change assez drastiquement dans Revelations. Les tours sont toujours présentes et se capturent de la même façon, c'est-à-dire en assassinant le dirigeant local et en mettant feu à la tour central du district convoité. Première grosse nouveauté, il faudra ajouter à cela un mini-jeu typé Tower-Defense pour posséder complètement la zone. Le principe est simple, il faut défendre son bastion face à des vagues de soldats templiers. Une ruelle leur sert de voie d’attaque, tandis qu’Ezio est stationné sur les toits autour. Il dispose d’une troupe d’Assassins comprenant différentes unités, arbalétrier, fusilleur, assassin à la lame, et un chef assassin nécessaire pour poster d’autres unités. Il peut aussi faire construire des barricades pour bloquer et ralentir l’assaut des Templiers, mais ceci coûte un certain nombre de points de moral, tout comme l’installation d’unités. Ces points de moral remontent au fur et à mesure que les forces templières s’effondrent. Une fois toute cette troupe décédée et le bélier final stoppé, la zone est à vous.
Mais malheureusement, ça ne s’arrêtera pas là. Deuxième gros ajout : les Templiers peuvent désormais contester une zone vous appartenant. Comment cela se retranscrit-il ? Vous vous imaginez peut-être une poignée de Templiers farouches revendiquant sagement dans la rue tels des manifestants de la CGT. Mais que nenni, ces derniers (les templiers, hein) vont venir d’eux-mêmes attaquer votre tour relançant ainsi, dès que vous atteindrez ladite tour, le mini-jeu de Tower-Defense dont nous venons de parler. Ce qui vous obligera à rester alerte de manière permanente, une première ! Pour éviter que ces contestations d’influences n’arrivent, il suffit si difficile soit-ce de se tenir à carreau. Vous vous rappelez que dans les précédents jeux, une jauge de « mauvaise conduite » se remplissait si vous tuiez des innocents, commettiez des vols, etc… Celle-ci rendait les gardes plus agressifs envers vous au fur et à mesure qu’elle se remplissait. Désormais, elle les pousse en plus de cela à tenter de prendre d’assaut votre précieuse tour. A noter que les restaurations de magasins et la possession de monuments ne sont réalisables que si la zone est sous votre influence, et rapportent toujours de l’argent qui sera déposé régulièrement à votre banque.
Continuons dans les nouveautés : l’une notable est l’apparition de la lame-crochet. Celle-ci vous permet de grimper plus vite et facilite certaines acrobaties rendant le jeu plus fluide mais presque trop facile par moments. On peut utiliser par leur biais des tyroliennes et donc se déplacer plus vite à certains endroits. Intégralement inutile mais très classe. Les bombes font également leurs débuts dans Revelations. Elles permettent soit d’attaquer les ennemis, soit de faire diversion et de profiter d’avantages d’infiltration. On récupère très régulièrement des ingrédients permettant de les confectionner : ceci apporte un vrai plus au jeu, permettant de varier les situations et de se faire plaisir en fabriquant soi-même une partie de son arsenal. Les gardes y réagissent de manière à peu près réaliste : quel que soit l’effet de l’explosif, s’ils vous voient le lancer vous serez bon pour une course-poursuite dans les ruelles de Constantinople.
Viva la Revelation
A ce stade du test, peut-être est-on en droit de croire que les nouveautés tiennent une place importante dans ce nouvel opus d’Assassin’s Creed, mais c’est finalement parce qu’elles sont relativement peu nombreuses qu’on en parle autant. En effet, le jeu dans son ensemble reprend, avec efficacité, la structure et le gameplay de ses ainés et ressemble de très près à Brotherhood. Ne vous attendez pas à redécouvrir la saga, le déroulement est très similaire à ce qui s’est déjà fait. Cependant, une fois cela noté, impossible de ne pas accrocher : Brotherhood était très bien ficelé, et ultra-prenant. On ressentira seulement une certaine impression de déjà-vu concernant quelques missions qui peinent à se renouveler. De plus, Revelations écope du même défaut que son grand frère : le scénario se termine vite, en douze heures environ. Si la guerre avec les Templiers associée à la rénovation de Constantinople et à la recherche d’artefacts (morceaux de l’animus disséminés cette fois) prendra du temps, certains s’en lasseront rapidement. Attention en revanche, des niveaux bonus concernant l’histoire de Desmond se débloquent assez rapidement et sont quant à eux très intéressants. Pour garder l’effet de surprise, nous n’en dirons pas trop à leur sujet mais ils sont très plaisants à jouer, avec des mécaniques surprenantes, gavés de références à d’autres jeux et en parfaite cohérence avec le personnage. Une véritable réussite et une très bonne surprise pour les fans.
Le reproche qui sera le plus souvent fait au titre viendra sûrement du moteur graphique utilisé, qui est poussé dans ses derniers retranchements et montre ses limites. On sent bien que l’ambition pour ce jeu est légèrement limitée par la technique. Si on retrouve la même excellence sonore avec de superbes doublages et une ambiance très immersive, il est vrai que les graphismes n’ont pas vraiment évolué depuis le deuxième opus. C’est loin d’être rédhibitoire car le soft reste vraiment joli et vaste, mais le design prévaut largement face à des textures pas toujours parfaites, des animations un peu rigides, quelques baisses de framerate et des chargements longuets.
Mais soyons francs : seulement un an après la sortie de Brotherhood, ce n’est absolument pas une splendeur graphique que l’on attendait fébrilement de la part des six (!) studios d’Ubisoft dévoués au jeu, mais bel et bien un scénario béton. Le jeu se nomme Revelations, inutile de préciser qu’on les a attendues ces révélations et explications justement. Et, foi d’Assassin, personne ne sera déçu ! Alors que les deux premiers tiers du jeu offrent des paternes scénaristiques un peu décousues et donnent des informations au compte-goutte sur le passé et le futur des Assassins, la fin du jeu s’emballe complètement pour devenir dantesque. On retrouve le souffle épique de la saga, cette intemporalité transcendant les âges pour unir les destins et cette classe incroyable nimbée de mystères que possèdent les Assassins comme Ezio et Altaïr. Encore une fois, tout ceci s’ancre parfaitement dans la lignée des autres jeux, les petits nouveaux ne comprendront donc pas grand-chose alors que les joueurs aguerris seront aux anges. Impossible d’en dire plus sous-peine de gâcher la partie la plus importante du jeu, mais soyez sereins quant à l’histoire : on en a pour son argent.
T’as ton passe ?
Après un solo très bon, bien que reprochable sur certains points, beaucoup se lanceront donc dans le multi online à corps perdu, du côté Templier de la force. De la même façon, le multi-joueurs n’a que peu changé et s’agrémente simplement de quelques nouveautés. Dont le passe en ligne, soyez en conscient, qui donne l’impression de devenir de plus en plus frustrant de jeu en jeu… On y ajoute donc quelques cartes, des personnages, des modes de jeux tels que la capture de reliques ou de trésors, franchement amusants en vue de varier les plaisirs, ainsi qu’une recherche de partie un peu mieux gérée. Les upgrades sont toujours à acheter et votre perso à customiser à l’envi. Sinon, on reprend le principe de base : une poignée de Templiers sur un même terrain, vous devez tuer vos adversaires de la manière la plus subtile possible pour gagner des points proportionnels à votre discrétion et apparaitre en haut de l’affiche, tout en évitant de vous faire assassiner par un autre joueur, fondu dans une masse de PNJ redondants ou courant sur les toits. On était dubitatif au début, mais ce mode s’est finalement révélé être excellent : très convivial, parfois un peu répétitif mais proposant plusieurs types de matches et des atouts très nombreux pour ne jamais s’ennuyer en plus d’un système de niveau classique mais efficace. Tout petit regret, assez subjectif, l’absence de matches avec des équipes bien plus nombreuses, et la possibilité d’exclure des joueurs. Peut-être pour une prochaine fois. On note même cette fois-ci l’apparition de dossiers à débloquer donnant des infos historiques ou scénaristiques sur les Templiers dans Assassin’s Creed. Un régal.
Détails
Jouabilité
C’est une fois de plus un plaisir de retrouver Ezio et sa prise en main aérienne, aisée à souhait. L’apparition de la lame-crochet rend les choses encore plus faciles, presque un peu trop. On regrettera principalement les scènes de plateforme nettement moins nombreuses qu’avant. Le reste est clairement maîtrisé et rôdé.
8.5/10
Graphismes
Alors que le moteur graphique prend un coup de vieux, on ne peut s’empêcher d’admirer le design sublime du jeu. Les couleurs sont parfois un peu ternes dans certains endroits, les textures plates, le rendent bancal, mais au final le titre reste beau grâce à sa direction artistique et à sa crédibilité. Toutefois les dernières limites du moteur d’origine semblent être atteintes.
7/10
Durée de vie
L’aventure principale n’est pas très longue, à peu près équivalente à celle de Brotherhood, soit une douzaine d’heures de jeu. Les à-côtés sont moins nombreux, mais on se battra sans cesse pour garder Constantinople sous contrôle. Les séquences sont malheureusement assez mal rythmées avec des creux dans l’action. Le multi assure quant à lui son quota d’heures de jeu supplémentaires pour un total honnête.
7/10
Le son
Les doublages sont excellents, et l’ambiance de Constantinople au niveau sonore est unique. Chaque PNJ papote avec son voisin, d’aucuns se mettent à hurler en vous voyant monter sur les toits et placent quelques remarques sur l’âge d’Ezio. Très bon point.
9/10
Xbox Live
Le mode multi-joueurs de Brotherhood revient presque tel-quel, mais agrémenté de plusieurs modes et cartes qui permettent de rester de longues heures sur le jeu. Un multi très complet, et surtout particulièrement amusant. Pas de surprise, mais de la qualité.
8.5/10
Conclusion
Assassin’s Creed Revelations perd quelques bonnes idées apparues dans Brotherhood, mais gagne un scénario épique en plus de nouvelles fonctionnalités bien pensées. Malgré un rythme pas géré de manière optimale, Revelations reprend l’ossature de gameplay de son aîné pour offrir une suite très réussie grâce à une ville de Constantinople au rendu excellent, des enjeux toujours plus grands concernant l’histoire des Assassins ainsi qu’une mise en scène spectaculaire. L’intérêt de cet opus se justifie donc pleinement, et s’agrémente d’un multi légèrement amélioré et donc toujours jouissif. L’épisode ultime en attendant la prochaine formule !
9/10
+
+ Le scénario + Incarner trois Assassins + Le multi-joueurs + Constantinople
-
- Certaines missions déjà vues - Beaucoup de cartes multi reprises - Le moteur vieillit, comme Ezio - Mal rythmé
Commentaires
Vous ne pouvez pas poster de commentaires car vous n'êtes pas connecté.