L’an dernier, Infinity Ward avait enfin réussi à donner une autre orientation à la série des Call of Duty, fini la seconde guerre mondiale, ouf ! Mais, comme d’habitude, la série étant développée par deux studios à tour de rôle, Treyarch n’a pas suivi l’idée, et nous propose de retourner (une dernière fois ? J’en doute…) combattre les nazis… Allez, si vous n’êtes pas devenus complètement allergiques à ce conflit, je vous invite à lire les lignes qui suivent !
Même époque, nouveaux horizonsLe jeu n’a pas pour sous-titre World at War pour rien, puisqu’on verra les batailles du Pacifique pour la première fois dans la série.
Et cela ne constitue pas qu’un changement de décor, quoique rafraîchissant, puisque les Japonais n’auront pas les mêmes réactions et manieront des armes que vous ne connaissiez peut être pas. Vous affronterez, en effet, des ennemis rusés, se cachant dans les arbres, les hautes herbes, guettant votre passage pour faire des embuscades kamikazes ou bien jouant les morts pour mieux vous surprendre.
Alors bien sûr, nous avons toujours affaire à Call of Duty et ses fameux scripts, mais ceux-ci servent magnifiquement l’action et donnent lieu à des scènes d’anthologie dont l’efficacité rivalise avec certaines séquences des plus grands films hollywoodiens.
D’ailleurs le jeu ne cache pas ses inspirations et s’amuse habilement à recréer des situations étrangement familières pour tout amateur de film de guerre qui se respecte (le pastiche va jusqu’à recréer des scènes entières de films comme Stalingrad).
Bien que le scénario ne soit pas transcendant en lui-même, on reconnaît la patte Call of Duty ici aussi. Grosso modo, le jeu donne une dimension de la guerre à l’échelle humaine, c'est-à-dire qu’en vous impliquant dans l’histoire de deux personnages ayant pris part à ce conflit à tour de rôle (l’un est anglais, l’autre russe). L’intensité dramatique est à la mesure de l’empathie ressentie pour les personnages sus-cités.
Les Horreurs de la Guerre…Le maître mot du jeu est donc, comme toujours, immersion. En témoignent les images d’archives incorporées aux temps de chargement, entremêlées de cartes vous montrant la progression nazie, le tout narré par une voix grave et solennelle. Rien n’a été laissé au hasard (et cela peut aussi être regrettable pour la rejouabilité, l’expérience est toujours meilleure la première fois) et l’intensité des combats résonnera dans votre salon pour peu que vous soyez équipés en conséquence.
Toujours dans un souci de réalisme croissant d’épisode en épisode, celui-ci introduit enfin le gore, les têtes exploseront sous votre sniper, et il n’est pas rare d’arracher quelques membres avec une grenade ou un tir bien placé. Non, je ne suis pas un boucher de première, mais il faut avouer que si le but d’un développeur est de nous faire ressentir la guerre dans toute sa cruauté, c’est un détail qui a son importance.
Les nouveautés de gameplay du quatrième opus sont, bien entendu, toujours au rendez-vous et on a souvent l’impression de jouer à celui-ci dans un nouveau (façon de parler…) décor.
Il est donc toujours possible de tirer à travers les murs, de tuer plusieurs ennemis alignés d’une seule balle, etc.… Il faut dire que Modern Warfare a défini un certain standard, et dorénavant, on ne pourrait plus se passer de ce qui peut d’ores et déjà être considéré comme indispensable à tout FPS digne de ce nom.
On regrettera toujours que le moteur physique ne soit pas forcément à la hauteur de nos espérances, par exemple, tirer 4 roquettes sur une maison ne la fera pas s’écrouler, et bien que le lance-flammes soit une nouveauté appréciable, on n’atteint pas tout de même le degré de finition d’un Farcry 2.
Call of Douteux…Vous noterez l’habileté de la mise en abyme d’un jeu mot tout aussi douteux d’ailleurs…
Malheureusement, ce Call of Duty est là pour vendre, et on ne le sent que trop. En se reposant sur les bases antédiluviennes de la série, Treyarch finit par se fatiguer. Les trop rares et infimes nouveautés n’aident pas à faire passer la pilule de défauts, maintes et maintes fois, soulignés au cours de l’histoire de la franchise, comme une linéarité affligeante ou des scripts bien trop apparents.
Il en va également de la sorte pour ce qui est de l’intelligence artificielle : autant vos ennemis pourront lancer une grenade dans la manche de votre veste à 500m, autant leurs assauts manquent cruellement de la dite intelligence. Vous les verrez souvent se lancer à 5 sur le même homme sans se soucier de ce qui pourrait se passer autour. Vos coéquipiers ne seront pas en reste, avec une tendance à rester sous le tir des ennemis : ils vous sembleront d’une aide fort relative, voire vous gêneront en obstruant votre chemin par exemple.
Etre témoin d’un tel manque d’intelligence ne pourra que vous pousser à aller vous frotter à l’autre intelligence, la vraie, et vous avez bien raison !
Live at WarEffectivement, le jeu prend tout son intérêt une fois votre console connectée au Live.
Le mode multi joueur est intégralement copié sur celui de Modern Warfare, mais ce ne sera pas pour nous déplaire tant celui-ci a prouvé et prouve encore son efficacité. Jauge d’expérience, niveaux vous permettant de débloquer nouvelles armes et capacités, classes customisables, défis, niveaux de prestige… Les aficionados ne seront pas dépaysés.
On peut juste noter le retour du mode guerre (sorte de capture de territoire), du Capture the Flag (tous deux hérités de Call of Duty 3) et le fait de pouvoir ressusciter vos camarades tombés au combat sous réserve qu’ils aient opté pour la même capacité que vous (ce qui peut s’avérer utile dans les modes à objectif où le temps de résurrection peut pénaliser votre équipe). De retour également du troisième opus, les tanks (on notera que certaines capacités spéciales s’appliquent également à ceux-ci), mais uniquement les tanks… il est regrettable en effet de ne plus pouvoir utiliser jeeps et side-cars pour prendre une base ennemie d’assaut. On ne peut donc pas réellement parler de nouveautés, mais plutôt de légers ajouts, au demeurant, fort sympathiques.
Seulement, nouveauté il y a, car pour la première fois dans la série, le mode coopération fait son apparition. Excessivement copié sur celui d’Halo 3 (jusqu’aux crânes ajoutant de nouveaux défis, ici représentés par des cartes à jouer), il s’impose tout de même comme une option allongeant considérablement la durée de vie, et dont les jeux d’aujourd’hui ne semblent plus pouvoir se passer, pour notre plus grand plaisir. Vous pourrez donc refaire toutes les missions du jeu, tous unis ou bien en concourant pour le meilleur score avec un système de combo rappelant furieusement The Club (rapidité, précision, headshots, nombre de balles utilisées, tout compte et le challenge est relevé si vos concurrents font partie de l’élite), ce qui offre une alternative plaisante entre deux parties de deathmatch. A noter également la présence de ce mode en local par le biais d’un écran splitté, mais splitté de manière étrange, ce qui gêne la visibilité (on ne comprend toujours pas ce choix des développeurs…).
Enfin, surprenant mais suffisamment original pour être plaisant, le mode Zombie déblocable une fois le jeu terminé une première fois vous place face à des hordes de mangeurs de cervelles, et le jeu tourne rapidement au mode survival (vous devrez par exemple construire des barricades après chaque passage de zombies pour les retarder dans votre progression).
Un choix de modes conséquent et varié, que demander de plus !
Détails
 |
Graphismes
World at War est beau, très beau, il trouverait facilement sa place sur le podium des jeux les plus impressionnants de la console, les rares bugs de collision (si vous vous couchez sur un cadavre par exemple) ne suffiront pas à détourner vos yeux des exemplaires effets de lumière ou d’une jungle décidément très immersive. Un sans faute. | 8/10 |
 |
Durée de vie
Campagne solo courte, comme tout FPS, mais rejouabilité bien au rendez-vous : l’ajout du mode coopération est un plus non négligeable, tout comme le mode Nazi-Zombies, amusant et atypique. Mais bien sûr, c’est sur le Live que vous passerez le plus clair de votre temps. | 8/10 |
 |
Le son
Là aussi, on atteint la perfection. Le son des armes n’a jamais été aussi criant de réalisme, et encore une fois, une installation 5.1 vous plongera au cœur de la bataille. Les musiques ont le mérite d’être assez originales, mais pas envahissantes, laissant la place qu’elles méritent aux explosions et balles sifflantes. A noter, la présence d’un doublage français suffisamment correct pour être crédible. | 9/10 |
 |
Xbox Live
Un matchmaking rapide et intuitif, aucun lag ni défaut de précision, le mode online réagit au doigt et à l’œil. Avec la possibilité de jouer en coop ici aussi, les points d’expérience et le mode prestige, le jeu se révèle diablement addictif. | 9/10 |
Conclusion
|
|
Je devine votre pensée… Si on fait la moyenne des notes ci-dessus, on n’arrive pas du tout à une note si basse… Certes, mais il s’agit là d’une note d’intérêt global, et il faut bien avouer que notre intérêt pour la série (ou tout du moins la branche Treyarch) ne pourra que décliner au fil des années tant les nouvelles itérations ressemblent aux anciennes ! Que ce soit dit, marre de la seconde guerre ! Toutefois nous sommes en face d’un soft dont l’efficacité n’est plus à prouver, et vous ne serez bien sûr pas déçus si vous décidez de craquer… |
7/10 |
|
| + | -Toujours aussi immersif -Une présentation sans faille -Le live rend accro ! -Le gore, enfin !
|
- | -Scripts omniprésents, plus d’effets de surprise -IA déplorable, on se sent seul… -L’époque, peu propice aux gadgets, un vrai retour en arrière… -Marre des Nazis !
|
Commentaires