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L.A. Noire
Publié par Calim Heros le lundi 30 mai 2011 à 21:56

Voilà un jeu pour lequel son existence est un peu un miracle sur Xbox 360. Annoncé en 2005 (oui ça fait déjà 6 ans…), L.A. Noire était initialement prévu en exclusivité sur PS3. Alors que peu d’indices émanaient de la Team Bondi depuis son annonce sur PS3, mis à part des reports à la chaîne, Rockstar et Take Two ressortent L.A. Noire du trou début 2010, et le jeu devient par la même occasion multi-support. Bonne nouvelle pour les joueurs Xbox 360 qui vont pouvoir eux aussi en profiter. Nous avons donc mené l’enquête sur les qualités présumées du soft dont voici les résultats de nos interrogatoires.



Phelps mène l’enquête


Vous voilà donc plongé au cœur d’un commissariat de Los Angeles en 1947, dans la peau de l’agent Cole Phelps, un ancien Marines rentré plus tôt que le reste de sa compagnie après la bataille d’Okinawa se déroulant dans le Pacifique durant la Seconde Guerre Mondiale. Votre première mission dans le jeu consiste simplement à retrouver l’arme d’un crime pour les inspecteurs en charge de l’affaire. Mais voilà, votre passé dans le corps des Marines en tant que Lieutenant fait qu’après avoir mis la main sur l’arme, plutôt que de la rapporter au poste, vous préférez mener votre propre enquête. Et ça finira par payer car très vite vous prendrez du galon dans la Police, en devenant vous-même inspecteur pour la brigade criminelle. Et vous allez avoir affaire à une terrible série de meurtres de femmes qu’il va falloir résoudre une à une et retrouver les suspects, pour les inculper, preuves à l’appui. Et ce sont bien les enquêtes le cœur de L.A. Noire.


GTA-like or not GTA-like


Si vous avez aperçu quelques-unes des bandes-annonces de L.A. Noire, tout porte à croire qu’il s’agit d’un GTA dans les années 40. L’action se déroule dans un monde ouvert, on se déplace en voiture de lieu en lieu ou à pieds si ce n’est pas loin, on a un radar comme dans les GTA, on peut aussi saisir n’importe quel véhicule et il y a des moments d’actions où il faudra dégainer son arme et tuer des gens. Tous les ingrédients du GTA sont là, aucun doute, d’autant que c’est Rockstar qui a grandement participé au projet aux côtés de la Team Bondi. Et pourtant, on est très loin d’un GTA. Déjà par la progression dans le scénario. Là où GTA donne une grande liberté sur les choix de mission, L.A. Noire propose un scénario beaucoup plus construit, plus linéaire, mais au service d’une histoire excellemment écrite. Les créateurs parlaient d’un roman policier interactif et bien c’est vraiment ça. Et les 21 enquêtes à mener durant cette épopée policière pourraient même s’apparenter à une série télé puisque chaque chapitre a son titre propre, avec un flashback des événements japonais qui nous en dit plus sur la personnalité de Cole Phelps, un aperçu du meurtre tel qu’il s’est passé mais où les suspects sont évidement très intelligemment non-divulgués et bien sûr l’élucidation du crime. A vous de vous rendre sur la scène de crime, de relever un maximum d’indices, sur le corps de la victime et aux alentours, puis questionner des éventuels témoins pour que tout cela vous mène vers des pistes qui vous feront peut-être remonter jusqu’aux supposés suspects. Pour chaque témoignage, vous sortez votre petit carnet avec quelques questions déjà écrites dessus et lors des réponses qui vous sont données, à vous de percevoir si la personne dit vrai ou si elle ne vous dit pas tout ce qu’elle sait. Et selon les indices que vous trouverez, vous pourrez même les accuser de mentir à condition d’en avoir la preuve.


Faites entrer l’accusé


Comment repérer si les témoins font de la rétention d’informations ou mentent, me direz-vous ? Et bien en analysant leurs expressions faciales. Grâce au système MotionScan développé par Depth Analysis, les émotions des personnages s’expriment d’une façon encore jamais vue dans un jeu vidéo pour de la motion capture. L’animation des visages n’avait jamais atteint ce niveau. Et parfois, les éléments pour détecter le mensonge sont si subtils et furtifs qu’il ne sera pas rare d’émettre des doutes sur le témoignage d’une personne disant la vérité et inversement. Et si vous vous trompez, ça braque le témoin ou le suspect et vous pouvez passer à côté de preuves et autres nouveaux indices. Le but pour vous est évidemment de vous tromper un minimum de fois sur les questions de votre carnet, auquel cas vous ne pourrez peut-être pas inculper un seul suspect et donc il sera peut-être impossible de boucler l’enquête, ou vous risquez de mettre derrière les barreaux un innocent. On se prend vraiment pour un enquêteur et on s’en voudra à chaque mauvaise analyse des réponses données. Heureusement, pour les joueurs voulant connaitre chaque détail et chaque vrai coupable de chaque affaire, ils pourront les refaire par la suite. Ça leur permettra d’obtenir jusqu’à cinq étoiles dans le score de leur mission et d’élargir un peu la durée de vie du jeu qui comptera une bonne vingtaine d’heures. Restera les voitures cachées, les monuments et les bobines dorées à retrouver ainsi que les 40 petits délits annexes à terminer pour prolonger un peu l’expérience de quelques heures. Aucun mode multi-joueurs en ligne n'est prévu pour le moment.


Allez à L.A.


La Team Bondi a reproduit plus de 90% du cœur du Los Angeles de 1947. Au volant de Cadillac, Chevrolet, GMC et autre Delage (pour ne citer que ces marques-ci), vous vous déplacerez du Wilshire à Hollywood avec ses gigantesques studios de cinéma dans lesquels il se passe parfois des choses pas très claires. Vous passerez pas mal de fois dans des cabarets, des bars, dans des agences de bookmakers, chez des marchands d’armes ou encore dans les hôpitaux pour interroger des témoins. La map est très grande et lors d’appels d’urgence pour intervenir sur des cambriolages et autres délits divers parallèles aux enquêtes principales, on manquera même parfois de courage pour se rendre à l’opposé d’où on se trouve. Par moment, on pourra, en maintenant le bouton Y lorsque le personnage monte dans une voiture, éviter d’avoir à faire le trajet, mais honnêtement ça gâche un peu le plaisir de devoir s’y rendre seul. Heureusement cette fonction n’est pas constamment disponible (bien qu’elle soit pratique…). C’est comme l’utilisation de son arme, ce n’est pas quand on veut, c’est seulement durant les phases d’action. Ainsi, on ne pourra pas tuer le premier passant à l’instar des GTA. En même temps, quand on est flic ça la fout mal de buter tout le monde à tout va. D’ailleurs, lors de courses poursuites, vous serez pénalisé si vous écrasez des gens. D’autres phases d’action consistent en des poursuites à pieds demandant parfois une bonne agilité sur des phases de quasi-plateforme. On passera par-dessus les clôtures de jardin, on grimpera sur les toits grâce aux échelles ou aux gouttières. Votre personnage bénéficie d’ailleurs d’une animation ultra bien rendue, dans la continuité de la perfection des animations des visages. On en viendra même parfois aux poings pour régler le compte des gangsters, avec la possibilité d’esquiver, de parer ou bien de mettre KO. Mais souvent il sera plus simple de tuer que d’interpeller…


Noire c’est noir


Peut-être qu’au niveau du clipping très présent et des chutes de frame rate régulières, L.A. Noire atteint les limites de la Xbox 360. Quant à la qualité moyenne des textures, la console n’est sans doute pas à mettre en cause, mais plutôt les développeurs. Pour autant, d’autres aspects sont très réussis comme les reflets du soleil sur les vitres des véhicules ou encore la gestion des lumières dynamiques, lorsque, par exemple, on fouille un endroit sombre avec une lampe de poche. Les ombres sont tout simplement comme dans la réalité. On admet quand même que l’on peut traverser la ville de bout en bout sans un seul chargement et ce, quelque soit le DVD sur lequel on joue. Car pour faire tenir tout le contenu de L.A. Noire, Rockstar et la Team Bondi ont quand même eu besoin de 3 DVD, rien que ça. Ca s’explique par le nombre important de cinématiques et de dialogues présents dans le jeu. Et du coup, chaque DVD contient toute la ville, toutes les musiques, et autres éléments en commun… Heureusement qu’ils n’ont pas tenté de tout compresser en un seul DVD car la qualité graphique du jeu en aurait pâtie encore plus. Là, avec les trois disques, on est dans un bon équilibre avec un jeu plus qu’honnête, mais pas extraordinaire, hormis les animations.


Ça va jazzer


Fort d’un scénario aux petits oignons, d’un gameplay qui vous fait devenir un vrai enquêteur et d’une liberté assez importante au sein de la ville de Los Angeles, il est un autre domaine où L.A. Noire excelle c’est son ambiance musicale. Outre le thème composé pour le jeu par Andrew Hale, ce sont de grands noms du jazz de l’époque qui viennent compléter une bande originale de haute volée. Ella Fitzgerald, Louis Armstrong, Billie Holiday, Dizzy Gillespie, Louis Jordan ou encore Thelonious Monk comptent parmi les 32 musiques présentes dans L.A. Noire. On en profitera surtout grâce aux radios des véhicules. Mais la musique joue un autre grand rôle lors des enquêtes et plus précisément lorsque l’on fouille une scène de crime. Tant que les indices les plus importants ne sont pas trouvés, une musique renforçant le côté dramatique et noir de cette recherche restera pour vous indiquer qu’il en reste encore. Dès lors qu’il n’y a plus cette musique, c’est que vous avez suffisamment d’informations pour continuer votre enquête et vous rendre ailleurs. On est dans un vrai polar !






Détails
Jouabilité
On retrouve tous les défauts d’un GTA, notamment sur la conduite très spéciale des véhicules, une certaine rigidité dans les déplacements à pieds et dans les phases de plateforme ou de tirs, mais cela n’enlève rien au plaisir d’arpenter les ruelles de Los Angeles, ni ne frustre le joueur dans les phases d’action où la visée automatique vient corriger ces petits défauts. Le système d’enquête via le carnet est bien pensé.
8/10
Graphismes
Avec une map extrêmement grande comptant beaucoup de circulation, de piétons et d’animations (comme les signaux routiers), L.A. Noire ne pouvait pas proposer en plus des graphismes à couper le souffle. L’ensemble est honnête sans pour autant faire pâlir les canons d’aujourd’hui. Par contre, là où L.A. Noire va faire office de nouvelle référence dans le jeu vidéo, c’est sur l’animation des visages des protagonistes dont les expressions sont d’un réalisme saisissant.
8.5/10
Durée de vie
On ne verra pas passer la vingtaine d’heures nécessaire pour boucler la trame principale et ses 21 enquêtes. On pourra allonger l’expérience de jeu de quelques heures si l'on compte trouver toutes les voitures et autres bobines cachées ou encore si on veut terminer tous les délits annexes aux enquêtes. Et les amateurs de score pourront retenter chaque enquête pour obtenir la bonne analyse à toutes vos questions et mettre sous les verrous les bons coupables, preuves à l’appui, et ainsi obtenir les 5 étoiles.
8.5/10
Le son
Une foultitude d’artistes jazzy de l’époque concernée compose la bande originale de L.A. Noire et contribue grandement à l’ambiance « vieux film noir ». Un must dans le genre, d’autant que la musique joue également un rôle durant vos investigations.
9/10
Xbox Live
Pas de mode multi-joueurs en ligne, malheureusement, mais quand même un Social Club qui vous permettra de visualiser la progression de vos amis dans L.A. Noire.
-/10


Conclusion
Amateurs de films noirs et autres polars, L.A. Noire est fait pour vous ! Mais pas seulement, tout joueur se sentant l’âme d’un enquêteur trouvera en L.A. Noire, le jeu ultime à posséder. Ressemblant à s’y méprendre à un GTA-like, nous ne nous y trompons pas. Car bien qu’il utilise des ingrédients similaires, le cœur du jeu est bel et bien les enquêtes à mener. Plus linéaire qu’un GTA, le scénario ne s’en trouve que plus riche avec différentes issues possibles lors des enquêtes, selon les indices et les preuves que vous aurez trouvés et surtout selon vos propres analyses des différents témoignages recueillis, notamment grâce au système d’animation des visages d’un réalisme ahurissant. En plus c’est vous qui décidez du coupable. Ajoutez à tout cela l’ambiance et le réalisme d’un Los Angeles des années 40, L.A. Noire devient ainsi une petite perle noire du jeu-vidéo à essayer d’urgence.

8.5/10

 +

+ L’ambiance Film Noir
+ Un scénario béton
+ L’animation des visages
+ Le système d’enquête interactif
+ L’ambiance musicale
+ De vrais véhicules d’époque
+ Hollywood
+ Une belle gestion des lumières
 -

- Clipping fréquent
- Chutes de frame rate régulières
- Quelques phases à pieds délicates




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Fiche du jeu
L.A. Noire

Editeur :
Rockstar

Développeur :
Team Bondi

Jeu disponible

Site officiel :
ici

Démo(s) :
aucune

Note :   8.5/10     Lire le test

Note des membres :   ??/10
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