Jusqu’à aujourd’hui, très peu d’éditeurs se sont lancés sur le terrain de GTA en proposant un concurrent de qualité au titre de Rockstar. C’est au tour de THQ de tenter sa chance avec l’aide des développeurs de Volition INC ( Red Faction, Descent…). Quand on connaît un tant soit peu GTA, on pourrait se poser des questions. Mais il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.Get Your Gun.Tandis que vous marchez dans la rue d’un quartier pas top, vous assistez à un règlement de compte entre les gangs de la ville. Alors que vous allez vous faire abattre, des individus vous sauvent la peau. C’est à ce moment là que vous intégrez le gang le moins gros de Stilwater : les 43rd Street Saints, alias les Saints Row. Votre mission : les aider à reconquérir toute la ville, territoire par territoire. Se frotter aux trois autres gangs présents vous montrera une nouvelle définition du mot "Violence".
On avance donc dans le scénario au gré des missions imposées par vos supérieurs hiérarchiques, en ayant tout de même la possibilité de choisir sur quel gang, entre les Rollerz, Vice Kings et autres Los Carnales, on va se faire la main. Mais pour avoir l’honneur de servir vos chefs, il faudra faire monter sa barre de respect en s’attardant sur les activités annexes de la ville. Ramener des putes à un mac’, protéger un dealer pendant sa tournée, détourner des véhicules, voler des voitures précises, frauder à l’assurance, et j’en passe. Alimenter le commerce parallèle vous fera vous enfoncer de plus en plus dans le vice.
Stilwater est certes moins grande que San Andreas, mais le nombre de territoires qui la compose est assez conséquent. Les missions vous feront gagner de nouveaux territoires. Mais les gangs ne cèdent pas facilement et viendront récupérer leur bien. On tombe alors dans le chaos, votre gang affrontant l’ennemi au milieu d’une foule en panique et des flics qui s’en mêlent.
Com’on Bro’, putt your F****** ass in my car !Saints Row joue à fond la carte du gang. Au fur et à mesure de son avancée dans le jeu, on a la possibilité de se faire accompagner de portes flingues (1 à 3 maximum) qui sont de véritables Pittbulls. C’est simple, quelqu’un vous touche : il est mort, vous tirez sur quelqu’un et le loupez : il est mort avec la décharge de plomb qu’ils lui feront subir. L’IA ne se gênera pas non plus pour sortir vos ennemis de leur voiture et les abattre au sol. Les voir en action réconforte dans la mesure où on se sent réellement appuyé par son gang, ce qui joue aussi sur le côté immersif du titre. Par contre, il n’est pas possible de les placer comme on le voudrait pour monter des tactiques d’approche. Ce n’est pas le but du jeu, et une erreur de leur part se paiera cache, même s’ils pensent à se mettre à couvert. Pas de quoi crier au scandale non plus, puisqu’il est possible de les réanimer dans un laps de temps de 30 secondes.
Si l’IA est satisfaisante de notre côté, il en est de même pour celle de l’adversaire, même s’il reste un brin Lemming dans l’âme. La palme revient à celle des passants qui se défendront si on les attaque, et iront même jusqu’à vous tabasser en groupe.
La police reste sommaire, comme dans GTA. Roulez à fond les ballons dans les rues en les doublant ne les fera pas bouger d’un iota. Seul le fait de leur rentrer dedans ou d’être recherché attirera leur attention.
Very Recherched Person ou VRP.Vos exactions envers les citoyens de Stilwater feront monter votre niveau de recherche. Cette barre descend progressivement si on se fait oublier pendant un moment. D'ailleurs si on pousse un peu plus le bouchon, non seulement les flics arrivent en grand nombre et inlassablement, mais c'est également le SWAT qui débarque appuyé d’un hélicoptère. Je n’ai pas encore eu le loisir d’aller jusqu’à la limite tant le challenge commence à se corser passé les trois étoiles (sur cinq). Seule solution à ce stade, passer chez Forgive et Forget qui se chargera, moyennant pépettes, de supprimer vos indices de recherches. J’ai bien dit vos indices, car certaines missions vous feront titiller fortement les forces de l’ordre ainsi que les gangs adverses.
L’équipement du bad boy.Comme tout bad boy qui se respecte, il faut s’équiper d’armes pour se faire respecter. Saints Row vous propose un large panel d’arme afin d’asseoir votre autorité de la meilleure façon qui soit. Non, pas de tête nucléaire, même si j’ai une astuce pour ça. En revanche, Beretta, Magnum, fusil à pompe, Uzi, Kalash, grenade et lance-roquettes sont de la partie. Et pour les "drive by shoot" les plus classes, quoi de mieux que de se procurer une bonne voiture ? A ce sujet, on pourrait regretter le peu de diversité des véhicules par rapport à GTA (pas de deux roues, pas de bateau), mais l’essentiel est présent. Les véhicules ont tous une prise en main différente. De la petite voiture, au bulldozer, en passant par les voitures des 70’s, Saints Row compense en jouant la carte de la variété. Il est en plus possible de tuner sa caisse à son goût, et ce n’est pas une banale option. J’ai testé les suspensions hydrauliques des low riders, ces voitures de latins qui font des bonds. C‘est fun et intuitif !
Les véhicules constituent un point important du jeu, puisqu’ils permettent de déplacer son groupe (préférez les familiales vers la fin), mais aussi de traverser la ville ce bout en bout.
Flagrant délit.Adapter un GTA sur console next gen sans un côté technique approprié aurait rendu le jeu bancal. Volition Inc aura évité ce piège en proposant un moteur graphique dans la moyenne des jeux next gen. Si le jeu n’est pas aussi tape-à-l’œil qu’un GRAW, c’est normal, puisqu’il faut afficher autant de détails sans atomiser le chipset graphique. Saints Row n’est pas laid pour autant, bien au contraire. On observera tout de même de très rares problèmes de synchro verticale pas dérangeants, ainsi que quelque ralentissements et bug graphiques lors de balades sur l’autoroute (afficher une ville complète ne se fait pas en claquant des doigts).
Pour soutenir le tout, un petit moteur physique est venu se greffer au titre. Lequel ? Un parfait inconnu, le Havoc (Half Life 2, Painkiller), vous connaissez? Il assure la physique des corps ainsi que des véhicules. D’ailleurs, elle est assez bien respectée dans l’ensemble, les voitures glissent sous la pluie, les corps heurtés par les bolides lancés à fond s’envolent. Le détail qui m’a le plus assommé, c’est après avoir voler un camion-citerne sur l’autoroute. Je me "gare" au milieu de la circulation, comme il faut, histoire de faire un maximum de dégâts, je m’éloigne pour pouvoir balancer une grenade et le faire exploser sans mourir, je lance la grenade… et je fais péter tout le quartier (moi avec). Donc comme dans la réalité, un camion bourré d’essence à un potentiel destructeur plus élevé qu’un vulgaire coupé. C’était juste pour l’anecdote.
Du bon son dans les oreilles.GTA avait déjà fait fort avec ses bandes sonores, Saints Row se devait de faire aussi bien. Pari réussi avec sa centaine de titres qui touchent tous les genres de musiques ou presque. Il faudra cependant passer dans une boutique pour en acheter et remplir certains objectifs. Faire un carton sur l’autoroute en écoutant la Chevauchée des Valkyries, c’est possible (Copyright : Assan Céef).
Les voix restent par contre en VO sous-titrée français. Les vannes fusent et accentuent l’aspect gangsta du jeu. En revanche, les sous-titres sont parfois difficiles à lire.
Ennemi public numéro 1… mondial.En plus d’un solo de longue haleine, comptez une centaine d’heures à vue d’œil, Saints Row propose un multi travaillé, à ce que disent les développeurs. La meilleure façon de s’en convaincre est de vérifier. Après quelques parties, pas de doute à avoir, SR atomise GTA sur ce point, mais j’avoue que ce n’était pas difficile. On a accès aux classiques Deathmatch et Deathmatch en équipe, mais aussi à de l’original. Dans le mode le plus alambiqué : "Pas ta caisse", il s’agira de fragger ses adversaires pour ramasser leurs chaînes en or (comme celles de Mister T), ce qui fera gagner de l’argent. Cet argent permettra de customiser une caisse qu’il faudra amener à un point de la carte et ensuite tenir la position pour gagner. Dans un autre mode, il faudra ramener les gourmettes de ses adversaires fraggés, sur une zone de la map pour marquer des points.
Le mode coopération est aussi de la partie et il vous met dans une situation particulière. Il y aura un objectif à accomplir, sachant que le stock de vies est limité et que les joueurs se le partagent. Il reste un poil trop ardu à deux.
Le code réseau est assez bien optimisé, une session privée avec Lebaronrouge s’est déroulée sans le moindre lag. A l’inverse, les sessions contre les américains furent un vrai calvaire. Attendons de voir à la sortie du jeu en France. Ah, et puis le détail qui tue : le lobby est dans la même veine que celui de PSO, ou de DOA4, sauf qu’on peut se tirer dessus (ça n’influe en rien sur vos stats ou les parties multi).
Dernière Minute :Les développeurs travaillent actuellement sur un patch qui corrige et améliore la partie Live du jeu.