Publié par Squall le dimanche 14 mars 2010 à 20:49
Les beat'em all fleurissent en ce milieu d'hiver sur notre console préférée. Dante's Inferno fait partie de cette catégorie et semble avoir les atouts nécessaires pour devenir peut être pas un hit mais tout du moins un jeu honnête pour qui aime le genre. Qu'en est-il réellement ? Vous le saurez en lisant les quelques lignes qui suivent.
Une trame d'enfer !
Vous êtes Dante, et vous n'êtes pas content. Pour délayer un peu plus, il conviendrait ici de citer le fait que votre bien aimée Béatrice est en train, par votre faute, de couler dans les limbes de l'enfer. Qu'à cela ne tienne, notre héros s'empresse de la rejoindre afin de l'arracher des bras de Lucifer lui même. Attendez-vous à maintes rencontres peu avenantes car l'univers dans lequel vous entrez maintenant est rempli d'âmes damnées pour avoir succombé aux péchés... Et vous le premier ! Votre punition pour avoir pêché lors des croisades sera la suivante : traverser les neuf cercles des enfers pour espérer revoir votre épouse. Les neufs cercles ? Cette notion vous est peut être familière et le cas échéant, sachez que c'est entièrement normal, si non et bien il ne vous reste plus qu'à lire la suite, cela sera votre châtiment !
L'enfer de qui ?
Dante Alighieri, célèbre poète italien du 14ème siècle, est notamment connu pour avoir signé « La Divine Comédie » où il décrit sa descente aux enfers. La suite le voit remonter vers le paradis mais c'est bel et bien la partie Enfer qui nous intéresse ici, quoique les références soient plus présentes par le biais de citations lors des temps de chargement qu'ailleurs. S'éloignant de l'œuvre de base pour transformer le poète en guerrier (le gameplay s'avère d'autant plus jouissif vous l'imaginez bien), le titre de Visceral Games vous propose une descente continue vers le plus profond de l'enfer, avec bien sûr nombre d'ennemis à terrasser sur votre passage... L'histoire vous est narrée via de fort jolies séquences animées qui alternent également avec de toutes aussi somptueuses cinématiques, difficile alors d'y retrouver son compte lors des phases de jeu, nettement moins efficaces graphiquement parlant. Mais pourquoi bouder son plaisir, vous venez tout juste de dérober sa faux à la mort en personne, il serait dommage de ne pas l'essayer, non ?
La croix et la faux
Voilà les deux armes qui vous permettront de survivre à l'enfer, la croix pour le côté divin et les attaques à distance, la faux pour le morbide et le corps à corps, dualité maintes et maintes fois évoquée tout au long du soft, et exploitée également pour ce qui est du gameplay. Je m'explique : lorsqu’un ennemi de base est saisi, vous avez le choix entre le punir ou l'absoudre pour les péchés qu'il a commis, et si ce n'est pas un ennemi de base vous devrez valider votre choix par un QTE s'intégrant très bien à l'action, joli effet de ralenti compris. Il en va de même pour certaines âmes damnées plus importantes que d'autres telles que celle de Ponce Pilate par exemple, mais là ce sera un mini jeu s'approchant du rythm game qui interviendra. Le tout permet de rafraîchir l'ensemble en ajoutant des phases de jeu atypiques, mais surtout de faire progresser votre personnage du côté impie (la faux et la punition) ou du côté sacré (la croix et l'absolution), ce qui vous permettra, outre l'apprentissage de nouveaux combos, de renforcer votre avatar avec des incontournables du genre tel contre. Ce sont donc des choix mineurs pour la progression de l'histoire, mais l'absence de manichéisme obligé demeure fort sympathique.
Dante aidant
Vous serez suivi par le poète Virgile lui-même tout au long du scénario qui vous éclairera sur les lieux que vous traverserez. Souvent, il s'agira de thèmes bibliques liés aux châtiments ou aux péchés des mortels tels que la luxure, la gourmandise ou encore l'orgueil. De grandes figures emblématiques viendront vous barrer la route tel que Cerbère, il vous faudra alors jouer de vos meilleures bottes et savoir adapter en fonction du décor, tout en restant crispé sur la manette pour parer à d'éventuels QTE... De temps en temps, vous aurez même la possibilité de monter sur de grosses bestioles afin de disposer d'une puissance accrue ou d'activer certains mécanismes. L'idée était louable mais ces passages s'avèreront souvent poussifs et un peu trop longs. Autre ombre au tableau, les phases de soi disant énigmes. Laborieuses en tout point, vous finirez par trouver la solution un peu au hasard à force d'essais désespérés. On pourra également parler de la faux transformable en grappin ou de séquences de rappel interminables (vous descendez en enfer, je vous le rappelle), mais sans aucun temps de chargement : une fois le jeu lancé, rien ne saura stopper votre aventure, sauf peut-être des ennemis non seulement coriaces mais omniprésents.
Infernale jouabilité
Attention, non pas qu'elle soit mauvaise, ladite jouabilité, bien que certaines phases de plateforme soient particulièrement retorses. Non, c'est plutôt le système de jeu qui pourra vous faire vous arracher les cheveux. La plupart du temps, vous vous baladerez la faux dans le dos jusqu'à voir arriver d'on ne sait où nombre de monstres belliqueux issus du bestiaire de Dante, le hic c'est que le plus souvent, vous serez coincés par de mystérieuses portes magiques, vous forçant par la même d'éliminer tout ennemi à l'écran afin de pouvoir imaginer continuer votre chemin. Rageant ces scripts. Pas le choix, il vous faut faire le sale boulot afin de récolter quelques orbes servant à améliorer l'arborescence déjà décrite plus haut. A savoir que pour restaurer votre santé , il vous faudra soit vaincre les adversaires de taille soit trouver une fontaine régénératrice. A cela s'ajoutent divers pouvoirs magiques, la possibilité d'équiper des reliques, et une jauge dite de « rédemption » vous permettant de vous énerver encore un peu plus. Car c'est qu'il est énervé le Dante ! Pour le comprendre, on soulignera ici que sa belle a été enlevée par Lucifer lui même. Il crie, saute, esquive, contre attaque de fort belle manière, et sans être nécessairement gore, l'ensemble du jeu s'avère brutal. Patience et longueur de temps seront vos meilleures alliées car il vous faudra recommencer plusieurs fois certains passages nettement plus ardus que d'autres, heureusement le jeu vous octroiera un bonus de santé si vous venez à retenter plusieurs fois à partir du même checkpoint.
Détails
Graphismes
Assurément loin d'être le point fort du titre, les graphismes sans être antédiluviens font parfois peine à voir, surtout en comparaison avec les cinématiques du soft. Un sentiment de vide pourra de temps en temps vous envahir, rien de bien grave cependant, les yeux finissent par s'habituer...
6/10
Durée de vie
Pour le genre, la durée de vie reste relativement honnête, surtout si vous avez décidé de booster les capacités de Dante à leur maximum. Une douzaine d'heures seront suffisantes pour voir la fin mais on regrettera que la majorité du temps employé soit consacré à des taches plus répétitives que défoulantes.
7/10
Le son
Les bruitages vous rappelleront sans cesse que vous descendez bien en enfer et les musiques sauront réveiller votre âme de guerrier par leur grandiloquence et leur caractère mystique. On apprécie que le jeu ait été entièrement doublé en français, bien que ce doublage soit parfois un brin ridicule tant la conviction des acteurs est grande.
8/10
Xbox Live
/10
Conclusion
Dante's Inferno peut être abordé de deux manières : soit vous accrocherez au principe des batailles incessantes et au martèlement frénétique de votre pauvre manette, soit vous ressentirez immanquablement un sentiment d'ennui diffus faute à la fois à un level design dirigiste et à un gameplay assommant de redondance. Dommage. Les plus fans d'étripage à la chaîne y trouveront peut être leur compte mais la majorité des joueurs ne pourra qu'éprouver la déception.
6,5/10
+
+L'univers, l'ambiance infernale +La faux et la croix, agréables à manipuler +Certains boss et/ou passages épiques
-
-Les combats incessants -Le manque d'originalité global -Les phases de plateforme injouables
Commentaires
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Je voulais me l'acheter mais je dois déjà finir Darksiders et je viens de recevoir la pandora box God of War donc je crois que je vais passer mon tour...
En tout cas, felicitations pour le test, vraiment interessant