Depuis mars dernier, date à laquelle les premières images de
Clive Barker's Jericho, jeu tirant ses origines dans l'univers pour le moins singulier et gore du créateur de
Hellraiser et
Candyman, promettait un jeu à l'ambiance sombre et certainement déconseillé à nos amis végétariens. Les dernières vidéos renchérissaient sur l'aspect sanglant du titre montrant foule d'ennemis attaquant l'équipe Jericho, une équipe de sept membres que vous pourrez contrôler.
Je vous rassure immédiatement, ceci est bien un FPS, mais un FPS orienté vers la coopération et l'entente avec votre équipe et vous pourrez à tout moment dans le feu de l'action changer le personnage que vous contrôlez dans le jeu. La team Jericho s'est vu attribuer comme but de protéger les intérêts gouvernementaux contre les menaces paranormales, et malheureusement menace paranormale il y a! Un démon des anciens temps n'a rien trouvé de mieux que de s'incarner dans notre monde et n'a bien sûr rien trouvé de mieux que de vouloir façonner un monde à son image, cruel sanglant et dans la plus pur lignée des cryptomanes.
Le personnel de Jericho a été sélectionné par son aptitude physique, ses dispositions mentales pour affronter les démons et ses aptitudes à utiliser diverses magies, que ce soit en utilisant son propre sang ou bien grâce à des dispositions génétiques particulières.
Les sept personnages formant votre groupe sont totalement différents, la jouabilité n'aura rien à voir entre Church, adepte des coups de sabre au corps à corps et des déplacements agiles ou Delgado, qui sera votre gros bourrin de base avec sa gatling accrochée à son bras. L'évolution dans le jeu via la manette est des plus simples, des petits éléments de gameplay on été repris de ci delà, exemples, les sorts de
Bioshock ou le fait de ranimer ses coéquipiers au sol comme dans
Gears of War. Et rien ne change trop de tel ou tel autre FPS de la console en dehors de ces changements d'avatar. Changer de personnages avant certaines phases se voulait être une idée des plus intéressantes, mais il faut avouer que dans le feu de l'action, des ennemis surgissant des moindres recoins, on prend rarement le temps de bien choisir et on fini plutôt par tirer sur ce qui est le plus près de nous. Ma préférence reste pour Church, vos adversaires ayant trop tendance à apparaître au plus près de vous et on délaisse malheureusement Black, la folle du sniper, à cause des environnements étroits et trop sombres.
Je suis d'accord, l'ambiance et le scénario ne se prêtent pas à des prés pleins de fleurs au soleil, mais
Cliver Barker's Jericho est sombre, trop sombre et l'effet de grain sur l'image (largement supérieur à tout ce qui était montré en vidéo et screens) bien que plongeant le joueur dans ce monde oppressant, gêne vraiment dans certaines phases de shoot. Mais une fois le noir complet fait, ainsi qu'une certaine adaptation à ce rendu visuel, vous profiterez enfin d'une meilleur lisibilité à l'écran qui vous rappellera que dans des égouts, avoir un fusil sniper n'emballe pas vraiment des cocotiers.
N'enlevons pas à
Jericho son incroyable richesse graphique, il faut l'avouer, depuis
Bioshock on avait rarement vu des décors aussi réalistes et profitant d'éclairages renversants, une modélisation des personnages aussi bien de votre équipe que de la faune locale qui vous rappellera que bonne animation et détails peuvent s'entendre. Les sorts sont aussi un des moments les plus délectables, lancer une boule de feu après des effets qui vous feraient presque sentir la chaleur sur votre visage est jouissif ! Point faible en revanche, les corps des ex-prédateurs voulant votre mort s'évanouissent dans un nuage
bizarroïde et pour une ambiance pareille, on aurait bien voulu des tripes tapissant l'écran, je crois bien que
GOW arrive encore à dépasser
Jericho dans les gerbes de sang et les membres qui s'arrachent.
L'ambiance sonore est, bien entendu, digne de toutes vos attentes, et je vous assure que dans le noir complet le son réglé sur décollage de tympans, les crissements de radio et les voix de vos coéquipiers qui se mettent des fois à flipper commencent à vous donner des envies de reculer plutôt que d'avancer. Le moindre petit bruit finira par mettre à mal vos nerfs et c'est avec soulagement que vous accueillerez la menace adverse une fois celle-ci bien visible.
Les démons ont vraiment pris du poil de la bête, si vous n'êtes pas assez prudent pour utiliser le sniper et les éliminer de loin quand c'est encore possible d'un simple headshot, leur vitesse et puissance feront bien rentrer dans votre crâne que si
le gros méchant me fonce dessus avec son bras en forme de hache de Conan le barbare, moi j'ai peur et je réfléchis pas, je tire... il faut avouer que c'est ce que l'on cherche à ressentir et qui est le but de
Cliver Barker's Jericho en affrontant ce genre de menace. Et quand enfin, vous devez suivre un tunnel séparé de votre groupe, vous comprenez qu'horreur est un mot qu'il ne faut plus forcément associer à gore (même si on aime).