Publié par Calim Heros le dimanche 20 juin 2010 à 22:40
Alors qu’il y a deux ans, Ubisoft rénovait avec classe sa licence Prince of Persia en oubliant la superbe trilogie de la génération de console précédente grâce à de nouveaux personnages et un style graphique proche du dessin animé, ce nouvel épisode, Les Sables Oubliés, renoue finalement avec ses origines. Exit le cel-shading, réapparition du pouvoir des sables du temps, un choix étrange de la part d’Ubisoft, mais peut-être est-ce pour mieux correspondre au film qui sort au cinéma en même temps que le jeu. Bon ou mauvais choix de la part d’Ubisoft, c’est ce que nous vous proposons de voir avec ce test.
Les sables originels
Nous ne vous présentons plus la licence Prince of Persia. Ce jeu qui, en 1989, a planté bon nombre de bases en matière d’animation des personnages ou dans le domaine du level design sur Apple II grâce à Jordan Mechner. Premier jeu également à intégrer des cinématiques et en plus à proposer des combats où il fallait savoir manier l’épée. Un jeu dont on comprend l’énorme succès tant il impressionnait et innovait pour l’époque. Faut pas se leurrer, sans lui, Tomb Raider, Splinter Cell ou Assassin’s Creed n’auraient vu le jour, car ces jeux utilisent exactement le même concept de gameplay permettant aux Lara, Sam, Altaïr ou Ezio de s’accrocher aux corniches ou grimper sur le toit des bâtiments.
La série persienne a ensuite vu une trilogie sur la génération de console précédente avec Les Sables du Temps, Les Deux Royaumes et L’Âme du Guerrier. Tous trois d’excellents jeux, rénovant le gameplay avec la nouvelle possibilité de courir le long des murs, des niveaux travaillés aux petits oignons et un système de combat novateur et hyper-esthétique. C’était trop la classe. Certes les jeux étaient dirigistes et le troisième épisode aurait pu devenir celui de trop et ça Ubisoft l’avait bien senti à l'époque. Ainsi ils décidèrent de reconstruire une nouvelle aventure, Prince of Persia (sans sous-titre), dans un style cel-shading qui coupa complètement les ponts avec le passé et adieu aux playbacks en cas d’erreur ou le ralentissement du temps. Pour ne pas mourir Ubisoft a gratifié le Prince d’une coéquipière, Elika, ainsi le concept du jeu se rénovait et les joueurs avaient plutôt adhéré à cette nouvelle direction donnée au jeu. Ce qui avait été moins apprécié, c’est la vente de l’épilogue du jeu en DLC, la fin du jeu pour faire court, qui n’était donc pas dans le jeu de base. La pilule reste encore coincée dans la gorge de nombreux joueurs.
Playback & Comeback
Mais voilà, ce nouvel épisode, Prince of Persia : Les Sables Oubliés, reprend tout de la première trilogie. Le style graphique, le système de combat, le level design, le retour en arrière, les pièges tranchants à traverser (souvent impossibles à franchir sans se faire toucher), etc… Inévitablement, on a cette grossière impression de déjà-vu. Le scénario est quand même original à l’épisode, mais il est assez simpliste et ultra-convenu. On ne s’attardera pas dessus. Heureusement il y a des nouveautés. Par exemple les pouvoirs que nous octroie la Reine Razia au fil de l’aventure. Outre celui de remonter le temps, on pourra aussi solidifier l’eau. On obtiendra également une attaque éclair lors des sauts qui permettra de progresser dans bien des niveaux, ou encore on bénéficiera d’un pouvoir de mémoire qui reconstruira certaines parties des niveaux tels qu’ils étaient autrefois, avant leur destruction. Pour arriver au bout des niveaux, il faudra donc jouer de tous ces pouvoirs, parfois simultanément. Il faudra souvent faire preuve d’agilité et de timing entre le gel et le dégel de l’eau, et c’est ce petit challenge qui donne toujours envie de progresser dans le jeu. Rassurez-vous, hormis deux ou trois passages, rien n’est insurmontable pour les joueurs confirmés et si c’est vraiment trop dur pour les autres, le jeu leur permet de redescendre à tout moment le niveau de difficulté en facile, mais après ça reste en facile… D’ailleurs au début de l'histoire, on a la désagréable impression d’avoir un jeu pour les casual gamers, tellement c’est hyper-simple, on se dit : « ça y est, Ubisoft a conçu ce Prince of Persia uniquement pour ceux qui auront aimé le film, et qui succomberont au jeu » (d’ailleurs le film et le jeu n’ont strictement rien à voir, pas la même histoire, pas les mêmes perso, le film est même plus proche d’Assassin’s Creed que de PoP…). Mais rassurez-vous, heureusement la difficulté croît tout au long du jeu et les gamers pourront y trouver leur compte. Bien sûr, les niveaux ne proposent qu’un seul et unique chemin, et les plus aguerris en feront une lecture rapide. On est rarement bloqué parce qu’on ne sait plus où aller ; la caméra se plaçant toujours de façon à lire immédiatement le chemin à suivre, c’est bien et ce n’est pas bien à la fois pour ceux désirant plus de réflexion.
Le Prince vaillant combattant
Grâce à un système de points de compétence amassés au fil des combats grâce aux orbes laissés par les ennemis morts, on pourra débloquer à partir d’un tableau dans les menus, d’autres nouveaux pouvoirs pour notre Prince et ainsi devenir plus puissant lors des combats. Il faudra d’ailleurs souvent faire face à de très nombreux ennemis, voire même des vagues de plus d’une cinquantaine de monstres à la fois, et parfois de très gros ; certains d’entre eux faisant même réapparaitre indéfiniment de la petite vermine squelettique. Pour les plus gros, il faudra les user suffisamment pour leur grimper sur le dos et les achever d’un coup de glaive dans la nuque. Le Souffle de givre, la Tornade, les Flammes et l’Armure de pierre sont les quatre pouvoirs se déclenchant à partir du BMD (Haut, Bas Gauche ou Droite) pour une durée et une quantité limitée (selon le nombre d’orbes bleus amassés et selon la quantité que votre épée pourra contenir), et chacun, à tour de rôle, vous apporteront une grande aide dans les combats. Certes tout ceci apporte du sang neuf, entre les pouvoirs de la Reine Razia permettant de progresser dans les niveaux et ceux dédiés aux combats, mais malgré cela, les combats sont moyennement bien foutus. On se souvenait d’un Prince qui combattait avec classe, et bien là ça l’est un chouïa moins malgré quelques mises à mort sympas et autres attaques aériennes. Disons, que ce n’est pas assez varié pour être totalement satisfaisant. Par contre c’est assez amusant de traverser un groupe d’ennemis rien qu’en leur sautant sur la tête, ou bien de les balancer dans le vide.
Sables mouvants
Le jeu est censé embarquer le moteur graphique d’Assassin’s Creed 2. Et bien malheureusement, ça ne se voit pas vraiment, hormis sur les personnages bénéficiant de détails de bonne facture. Les niveaux bénéficient de textures bien en deçà de ce que propose AC2, les lumières ne sont pas exceptionnelles non plus. Bref on sent un peu le travail bâclé sur les graphismes et c’est bien dommage. Pourtant au lancement du jeu, on a une cinématique qui est sans doute l’une des plus fines et des plus belles qui m’ait été donnée de voir. Elle est exceptionnelle, franchement, et je me suis même dit sur le moment : « waouh, Ubisoft a mis le paquet ». Malheureusement, la joie retombe vite dès les premiers instants de jeu. Il n’y a même que cette cinématique dans le jeu, les autres étant montées à partir du moteur du jeu. Dommage, car ça aurait permis de masquer un peu la pauvreté graphique de ce Prince of Persia. Et que dire des passages où il faut éviter toutes sortes de pièges tranchants et acérés. Déjà on les a tous déjà rencontré (Hache balancier, pics qui surgissent du sol, flèches sortant des murs, piliers rotatifs à pic, etc…) mais le pire c’est qu’on préfèrera les passer en bourrin car souvent c’est impossible de le faire proprement à cause du manque de précision des sauts dans ces phases-là. Bref, des séquences de jeu pas nécessairement utiles ayant pour seul intérêt d’allonger une durée de vie vraiment pas très longue. Autre perte de temps dûe au système vieillot du jeu, c’est de devoir casser tous les pots qui jonchent votre chemin afin de récupérer des orbes de santé ou de pouvoir. Encore une rallonge superficielle de la durée de vie qui rend la progression pénible.
Le Prince entre dans l’arène (ne pas confondre avec la Reine…)
Pour espérer accroître une durée de vie assez maigre, en plus du mode Histoire, Ubisoft a cru bon d’implémenter un mode Défi s’apparentant à une sorte de mode Horde à un joueur, où vous avez un certain temps pour venir à bout de vagues d’ennemis de plus en plus difficiles. Ce mode de jeu aurait pu être de bon aloi si à l’instar d’un Batman Arkham Asylum, il y avait suffisamment de contenu et de défis. Là on se retrouve avec deux pauvres arènes et c’est tout… Bref un mode de jeu sur lequel on passera un quart d’heure, le temps de terminer les deux défis. Foutage de tronche ? Ça pourrait être pris comme ça…
Au rayon des petites choses sympathiques, je finirai avec les bonus Uplay qui vous permettront de jouer avec le skin d’Ezio Auditore, le héros d’Assassin’s Creed 2.
Détails
Graphismes
Une cinématique d’intro incroyablement belle et réussie, mais c’est la seule, et elle loin d’être représentative du jeu qui peine à nous montrer la puissance du moteur graphique d’Assassin’s Creed 2…
6/10
Durée de vie
Un scénario qui vous occupera environ 8 heures avec peu d’envie de le rejouer. Et ce ne sont pas les deux arènes du mode Défi qui viendront gonfler cette durée de vie car en un quart d’heure, les deux sont pliés…
5/10
Le son
Très discrète, celle-ci ne contribue que très peu au rendu épique de l’aventure et l’ambiance orientale est moyennement retranscrite.
5/10
Xbox Live
Inexistant, alors que les épisodes de la trilogie précédente avaient eux le mérite de proposer ne serait-ce que des parcours chronométrés avec des tableaux de scores.
/10
Conclusion
Ne vous y trompez pas, Prince of Persia : Les Sables Oubliés n’est pas l’adaptation du film sorti à la même période. Mais vu sa qualité globale, il a quand même sans doute été conçu comme tel, c'est-à-dire un peu fait à la va-vite pour sortir en même temps que le film. Exit l’excellent design du précédent PoP sur Xbox 360, gros retours aux sources de la trilogie de la génération de consoles précédente avec le même genre de gameplay, avec heureusement quelques pouvoirs en plus qui permettent de rattraper l’ensemble. Un PoP qui n’est donc pas désagréable à jouer, juste un peu désagréable à l’œil, mais ça passe quand même. Quelques vieux systèmes de jeu dont on aurait pu se passer, mais s’ils n’avaient pas été là, le jeu se serait bouclé vraiment trop rapidement. Si vous le trouvez en occaz’, pourquoi pas, les niveaux sont bien construits et demandent pas mal d’agilité. Mais à 70€ mieux vaut laisser les sables s’envoler. Si vous avez déjà craqué au prix fort, désolé, mais le temps ne se remonte pas dans la vraie vie…
6/10
+
+ Les nouveaux pouvoirs + Le level design + L’agilité requise + Les ennemis nombreux
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- Déjà-vu - Un seul chemin - Difficulté casualisée - Manque de variété dans les combats - La durée de vie - Le mode Défi honteux
Commentaires
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Personnellement j'ai adoré ce "Prince of Persia" qui, à mon avis, redonne des couleurs à la série. Après c'est vrai qu'il est simple d'accès (certains passages sont quand même assez difficiles) et qu'il ressemble beaucoup au ancien épisode mais les graphismes sont vraiment magnifique à certains moments et les ennemis sont vraiment nombreux à l'écran. Par contre je suis d'accord le mode Défi est vraiment honteux. Bref je pense que ceux qui ont aimé les anciens épisodes sorti sur Xbox devrait s'y retrouvé.