Relic, après nous avoir fourni parmis les meilleurs STR du monde PC comme Homeworld et Dawn of War, nous revient avec un jeu radicalement différent. Archi-bourrin, The Outfit conserve néanmoins une touche de stratégie. Chassez le naturel, il revient au galop. Les troupes américaines viennent de débarquer en France. Trois bidasses, véritables caricatures américaines, ont pour ordre de débusquer un général de la Wehrmacht qui terrorise la population locale. Voilà, en gros, le point de départ de The Outfit. Le scénario donnera prétexte à une douzaine de missions, selon les rebondissements du scénario, constituées d’un nombre variable d’objectifs. Nos courageux gaillards arriveront-ils jusqu’au petit moustachu aigri ?
Chef ! J’ai glissé chef !Et du courage, il vous en faudra aussi. The Outfit est effectivement ultra répétitif. En fait, il déçoit au premier abord par son gameplay. Les trailers laissaient croire à un gameplay façon Mercenaries. Il n’en est rien, il faudra toujours traverser une carte fermée, en réalisant les objectifs sur le chemin. Le but est de conquérir les checkpoints, comme dans un Battlefield, pour réapparaître près de l’action, mais aussi différentes usines d’artilleries et de véhicules lourds, en plus de la tour radio. Elles feront gonfler les unités disponibles dans le « Destruction sur demande » : la grosse originalité du jeu. Contre monnaie sonnante et trébuchante, vous pourrez appeler une unité près de vous, quelque soit l’endroit où vous êtes. Besoin d’un tank ? Pas de problème, c’est livré par avion-cargo.
Les missions seront aussi l’occasion de déclencher des objectifs secondaires, qu’il faudra parfois trouver. Une fois complétées, vous gagnez une médaille. Il y en a 25 en tout, et les collectionner débloquera des cheats.
I.A. aïe aïe.Nos trois bidasses ne sont évidemment pas seuls dans leur reconquête de la Vieille Europe, et en bon commandant qui se respecte, quatre fantassins viendront gonfler votre peloton. Il est, de plus, possible de leur donner des ordres basiques comme : feu de suppression et assaut, en plus d’un ordre spécifique à chacun des trois soldats que vous incarnez. Seulement l’I.A. n’est pas folichonne, quelque soit le camp qu’elle occupe. Elle ira tout de même se mettre à couvert derrière les sacs de sable s’il y en a, mais trop de fois je l’ai surprise en train de forcer le passage à découvert. Ca casse l’aspect tactique tout d’un coup. En plus, il n’est pas rare de tuer ses propres troupes en commandant de l’artillerie ou des véhicules : les caisses leur tombant sur le coin du casque.
Full Metal Boulette.Pour compléter un tableau déjà bien pesant, la jouabilité est à The Outfit, ce que la pierre est au macchabée du fond du lac. D’une part, le personnage n’est pas aussi réactif aux changements de direction que dans un FPS, alors que ce jeu est un shoot à la troisième personne d’une certaine façon, d’autre part, le menu de destruction sur demande est assez bordélique à gérer dans le feu de l’action. L’idée est bonne en elle-même, mais pas quand vous vous planquez derrière un sac de sable comme seule couverture (destructible) avec un char Tigre en face de vous.
La conduite des véhicules est aussi laborieuse. Le véhicule se conduit normalement, haut pour avancer, arrière pour reculer, gauche et droite pour tourner. Le problème est qu’il est aussi possible de tourner avec la caméra (stick droit). Dès lors, on s’y perd lorsqu’on manipule un tank où il faudra bouger et tirer en même temps.
Beau comme un Half-track au clair de lune.Dans The Outfit, les textures sont, dans l’ensemble, assez réussies, comme la peinture des véhicules qui est parfois usée par endroits, laissant apparaître le métal brossé. En revanche, les animations des fantassins sont à pleurer… de rire. Elles ont tout du Big Jim dans un cours de Véronique et Davina. Pas comme les animations des véhicules qui font réaliste. L’impression qu’il en reste est que ces derniers ont bénéficié d’avantage d’attention de la part de Relic, et c’est bien dommage. Mais le résultat est bien loin d’un jeu Next Gen, surtout quand on tombe sur un bug.
Le chant des bombes, le sifflement des balles.La bande son ne restera pas dans les annales du jeu vidéo. Bien qu’elle soit péchue dans les moments critiques, on ne la remarque qu’à peine. Les bruitages sont corrects, sans plus, là aussi. Disons, que la bande son ne donne pas l’impression d’être sur un champs de bataille, mais plutôt d’être isolé, confronté à l’arrière-garde ennemie.
10 secondes sur le champ de bataille.C’est à peu près la durée de vie d’un fantassin sur une ligne de front lors d’un assaut, c’est aussi le temps moyen que passera un Core Gamer sur la partie solo. On aurait pu penser que le Live rattraperait la sauce, mais quand les ingrédients sont de la même qualité, il est difficile de servir du haut de gamme. Les cartes sont un poil trop petites pour laisser une quelconque défense se construire des deux côtés. A quatre joueurs (le maximum), ça sent le joyeux bordel. Par contre, le code réseau est toujours aussi bon chez les jeux édités par THQ. Pas de lag à signaler ou quoi que ce soit. Et si le Deathmatch vous saoule, il est tout à fait possible de faire la campagne en coop online (comme offline d’ailleurs). Je me dois aussi de rectifier des dires, mes dires, au sujet de la stratégie de Microsoft concernant le online. Et oui, comme pour GRAW, il est possible de jouer avec un invité sur le Live, sans que celui-ci ait un abonnement gold. Par contre, je n’ai pas eut l’occasion de vérifier si un ami doit absolument recevoir une invitation pour rentrer dans une partie privée (pas besoin dans GRAW). Ce qui montre bien que sur le Live360, jusqu’à maintenant, les développeurs étaient plutôt fainéants. Ca va encore être un sujet à polémique…