Tout d’abord, je tiens à m’excuser pour l’arrivée (très) tardive du test de l’un des RPG les plus attendus sur la console de Microsoft. Les raisons sont nombreuses et ne méritent pas d’être énumérées ici. Mais voila il est enfin là, le test tant attendu par une horde de fans en furie. Voici venir Lost Odyssey, le second RPG de Monsieur Hironobu Sakaguchi à la tête de sa nouvelle équipe Mystwalker !
Un trio de rêve !Une fois encore, à la réalisation du dernier jeu de Mystwalker, ce sont de véritables « stars » dans leur domaine qui se sont invitées. Commencons bien évidemment par Hironobu Sakaguchi, père de la célèbre franchise Final Fantasy, qui dirige d’une main de maître son tout nouveau studio Mystwalker. Ensuite au design, nous ne pouvons qu’être admiratifs quant à la présence de Takehiko Inoue, entre autre créateur des mangas Slam Dunk et Vagabond (une référence en la matière). Enfin pour ce qui est de l’ambiance musicale, c’est Nobuo Uematsu qui est aux commandes (l’un des compositeurs les plus célèbres dans le monde du jeu vidéo. Il a également travaillé sur la saga Final Fantasy).
Autant dire que Sakaguchi san n’a pas lésiné sur les moyens pour la création de son second RPG sur les consoles de nouvelle génération. Cela aura-t-il suffit pour voir apparaître le jeu de rôle parfait que nous éspérions tous ?
Qu’il est beau mon héros…D’un point de vue visuel, le jeu qui nous est présenté est particulièrement beau, et pour cause : il utilise le fameux « Unreal Engine », celui la même qui fait tourner Gears of War ou d’autres Bioshock. Evidemment, la présence d’un moteur graphique de renom ne suffit pas à elle seule à faire d’un jeu une tuerie graphique. D’ailleurs il serait idiot de contester les quelques défauts présents au niveau de la réalisation visuelle. En effet, certains décors peuvent donner la sensation d’être en deca de l’ensemble de la production (mais ils restent relativement beaux malgré tout). On constate également certains ralentissements qui ne seront pas forcément gênants, mais qui viennent un peu gâcher le plaisir. Enfin on grognera face à ces chargements trop fréquents, même si ceux-ci ne sont pas forcément très longs. Pour le reste, le design « made in Inoue » fait son travail. C’est certes un peu particulier et à la manière d’un Blue Dragon, cela ne fera sans doute pas l’unanimité. C’est le parti pris de la part de Mystwalker de séléctionner un designer de renom dont les traits restent inimitables (On se rappelle du style dépouillé de Toriyama dans Blue Dragon) et qui donnent une personnalité à l’ensemble. Pour ma part j’adhère totalement et je ne peux que me réjouir d’un tel choix artistique.
D’un point de vue auditif, on approche du grand art. Evidemment tout cela est très subjectif, mais je trouve les compositions musicales splendides. On a droit à du Nobuo Uematsu en grande forme et ça fait du bien aux oreilles ! Du thème principal à la moindre musique de fin de combat, on ne peut que tomber sous le charme. Dépaysement assuré !
Classicisme classieux !Lost Odyssey fait partie de ces jeux dont l’on peut dire que le gameplay est classique. Classique certes, mais efficace. Mais voyons plutôt de quoi il retourne… Dans un premier temps, notons que les combats se déroulent au tour par tour. De plus, les habitués de Blue Dragon ne seront pas perdus dans les différents menus du jeu. L’interface a quasiment été reprise à l’identique, chose pour laquelle on peut se réjouir car l’ensemble est assez intuitif. On notera tout de même quelques possibilités intéressantes comme le système de forge qui permet au joueur de créer de nouveaux anneaux à tout moment à l’aide de différentes matières premières trouvées au long de l’aventure. Mais ces anneaux à quoi servent-ils ? Et bien ils permettent d’obtenir des bonus d’attaque lorsqu’ils sont portés par un personnage. Il suffira alors d’appuyer sur la gâchette droite pour lancer l’attaque. Un cercle se verra alors dessiné à l’écran et le joueur devra relâcher la gâchette lorsque ce cercle se trouvera complètement au centre. Cela ne semble pas être une grande innovation, mais on se rend compte que les combats en deviennent plus dynamiques. Ajoutons à cela un système de protection généré par le « mur ». Pour résumer, le mur protège les personnages qui sont en deuxième ligne (il est possible de sélectionner sa formation à tout moment). Au fur et à mesure que les personnages de première ligne subissent des dégâts, le mur voit sa résistance amoindrie, jusqu’à ce que celle-ci soit totalement inexistante et que les personnages de la ligne arrière soient totalement démunis devant les dégâts générés par les adversaires. Attention donc de bien préserver ses mages !
On regrettera peut être le retour à l’apparition de combats aléatoire qui peut nuire parfois à l’exploration de certains donjons et couper le rythme de l’aventure.
Sortez vos mouchoirsLe gros point fort de Lost Odyssey, ce n’est pas sa qualité technique exceptionnelle ou son système de jeu révolutionnaire. Non, c’est bien au niveau du scénario et de l’aventure (dont on ne vous révélera rien pour ne pas vous gâcher la surprise) que l’on peut dire que l’on tient une des nouvelles références du genre. Tantôt drôle et d’autres fois mélancolique, le scénario vous mènera sur les sentiers d’une réflexion sur la brièveté de la vie et de la difficulté de survivre à ceux que l’on aime. En effet, le héros (Kaim Argonar) est un immortel dont les souvenirs se sont estompés. Petit à petit au fil de l’aventure, certains souvenirs lui reviendront. Ces souvenirs seront ponctués de textes magnifiques rédigés par Kiyoshi Shigematsu (qui ont d’ailleurs été édités au japon sous forme de livre de poche) et qui ne manqueront pas de faire couler quelques larmes aux plus sensibles d’entre vous. Et c’est bien la l’essentiel d’un RPG, l’émotion qu’il suscite quand on le parcoure. Avec sa durée de vie conséquente (une soixantaine d’heures de jeu sans s’intéresser aux quêtes annexes) et ses scènes d’anthologie, Lost Odyssey vous en donnera pour votre argent, à condition de ne pas être réfractaire au style RPG très « old school » comme sait si bien le faire Hironobu Sakaguchi.
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