Mass Effect aura vécu deux salons de l'E3 durant lesquels les récompenses de meilleur RPG et/ou meilleur jeu 360 présenté lui auront été attribués. Chacune des présentations a montré que l'équipe de
Bioware, parents des
Knights of the Old Republic, peaufinait un bébé profitant de l'
Unreal Engine 3 qu'il n'est plus nécessaire de présenter et reprenant les bases de ses ancêtres, un
Space Opera comme tout joueur en rêve.
Un
Space Opera est tout simplement un scénario se déroulant d'une échelle interplanétaire à une échelle universelle, et narrant l'avenir de l'espèce humaine, les rencontres avec les autres espèces, les enjeux politiques. En partant de cette définition de base (merci Wikipédia) on remarque que tout est bien défini dans
Mass Effect.
Tout commence par la création de l'avatar que vous pourrez pratiquement définir de la racine des cheveux aux couleurs de ses ongles de doigts de pieds et en plus par la possibilité de choisir un personnage masculin ou féminin. Vous choisissez ensuite sa petite histoire ainsi que sa classe, un expert en arme, en biotique (analogie avec la magie dans d'autre jeu de rôle), un ingénieur axé sur la défense et des mix entre ces classes. A cet instant déjà, certains dialogues seront totalement changés suivant vos choix, ce qui reste des plus appréciable car elle rompt la répétitivité si on recommence le jeu.
L'universIncroyablement vaste quand vous parcourez la carte à bord du
Normandy, les mondes sur lesquels vous pourrez finalement vous poser se comptent sur les doigts des deux mains, même si les planètes sur lesquelles vous ne pouvez pas atterrir renforce le fait qu'on appartient à un monde réel dans lequel tout environnement n'est pas hospitalier.
Vous êtes donc
Shepard, soldat aguerri et commandant en second du
Normandy. Vos états de service et le contexte politique actuel font que
Nihlus, un Turien chargé de vous observer pour que vous soyez accepté chez les
Spectre, puissance militaire du conseil qui résolve les conflits et en a tous les droits.
Une mission de récupération d'artefact
Prothéen, race éteinte mais dont le moindre vestige entraîne des progrès hors du commun, supposée facile, finit par une invasion des
Geth, par le meurtre de votre observateur par
Saren lui aussi Turien et Spectre et votre exposition à une vision d'un massacre à votre approche de l'artefact Prothéen... que du bon.
Devant le magnifique résultat de cette mission, il vous faudra prouver ensuite la culpabilité de
Saren face à un conseil qui lui fait une confiance totale à la
Citadelle, première zone où vous êtes enfin totalement libre de faire ce que vous voulez avec de nombreuses quêtes annexes, des personnages pour compléter votre équipe et bien sur ce qui faisait la force de
KOTOR, des dialogues à choix multiples vous permettant de « convaincre » quelqu'un, pour qui, il est dans son intérêt de vous écouter gentillement, ou en le menaçant un flingue sur la tempe.
Vous passerez ensuite
Spectre et pourrez enfin chasser sur Saren, principalement sur trois planètes, et explorer beaucoup d'autres via des quêtes annexes encore plus nombreuses allant de la collecte de minéraux à l'éradication d'une place forte d'invasion des
Geth.
Comment j'en prends plein les mirettesNombreux déjà sont les jeux qui sont sortis et utilisent l'
Unreal Engine 3, avouez quand même que
Gears Of War et
Unreal Tournament 3 (pour ceux qui peuvent y jouer sur leur PC) sont les preuves que la next-gen... c'est bien!
Mass Effect pousse fort, très fort! Les détails sur les personnages sont vraiment stupéfiants et en particulier sur les phases de dialogues où on les voit dans des plans rapprochés. Regarder Wrex ou un Krogan en général, la façon dont sa mâchoire est articulée, ses yeux sur lesquels on devine un genre de liquide tel un reptile. Les humains sont eux aussi très beaux mais c'est vraiment les races extra-terrestres qui vous laisseront bouche-bée. Tout équipement sera visible dès qu'il est équipé, et j'avoue avoir été particulièrement content de revoir la scène d'introduction avec mon Shepard déjà équipé comme une brute après avoir fini le jeu. Les décors eux aussi ont eu droit à un soin minutieux, fourmillant de détails, d'éclairages à tout va, ombres et lumières se mêlent dans des environnements souvent immenses. Quand aux effets lors de l'utilisation de la biotique, la poussée entraîne un effet de distorsion de l'espace devant vous jusqu'à toucher l'adversaire et les autres sont tout aussi réussis. Dommage que l'on doive être concentré à fond durant les combats, on perd un peu l'opportunité de contempler ces effets.
Autre point vraiment impressionnant, la mise en scène. Les
cut-scenes où vous n'êtes que spectateur sont dignes des films les mieux réalisés. Celles qui jonchent la fin du jeu sont tout bonnement spectaculaires et on en redemande toujours et
Mass Effect semble vraiment être le jeu next-gen tel qu'on l'attendait, capable de nous mettre acteur dans un univers virtuel si proche de la réalité.
Revers de la médaille, face à un environnement que l'on pourrait définir de réaliste tellement il est cohérent dans sa plastique et ses inspirations, la console semble souvent en bout de souffle. On le remarquait déjà avec ce même moteur graphique sur les autres jeux, problème de lire en continu le disque au lieu de mettre en cache sur le disque dur, chips et graphique trop légers et/ou trop peu de RAM, les textures mettent souvent un petit temps avant de s'afficher, et des ralentissements souvent conséquents se font sentir et en particulier avec la classe de personnages qui fonce dans le tas et fait souffrir la console en chargeant encore et encore. Si ce n'était qu'après un chargement conséquent vu la taille des espaces d'exploration, il n'y aurait pas de mal, mais même sur de courtes séquences pré-calculées le problème des textures s'affichant trop lentement sévit. Imaginez une discussion avec un protagoniste et que ce dernier révèle toute la splendeur et les détails de sa peau et ses vêtements qu'au moment ou vous lui dites au revoir... frustrant !
Deuxième point négatif, les planètes que vous explorez, le sont souvent assez vite hormis le complexe où vous devrez aller. Pire les complexes souterrains des quêtes annexes sont identiques de planète en planète, ils ont le même architecte pour tout l'univers ? Même les roches que vous voyez sous terre sont les mêmes.
Commando au combatLe gameplay en combat est similaire à celui de
GOW. Vous sortez votre arme, vous vous mettez à couvert et canardez les ennemis, les touches dans la configuration de base sont autrement les mêmes et mis à part l'adossement au mur qui se fait automatiquement, et donc pas forcément quand il faut on n'est pas dépaysé. La gâchette-haut gauche est une des seules différences avec le bouton BACK. Elle permet soit de changer rapidement entre les deux dernières armes utilisées, soit de raccourcir pour une compétence, la touche BACK quand à elle, envoie les grenades.
Mais à partir du mode de difficulté normale, il ne faudra pas compter que sur votre capacité au tir, mais aussi sur votre inventaire et vos compétences. Les compétences sont améliorables à chacun de vos niveaux et peuvent comme dans tout RPG être divisées entre aptitude passive (qui boost vos points de vies, votre précision, votre régénération, etc...), active (les faire valser au sol, léviter sans aucun contrôle, etc...) et en compétence plus d'ordre social avec le charme et l'intimidation qui vous offriront des possibilités de dialogues et de conciliation inédite. Le charme permet de convaincre les ennemis de manière très gentille, qu'il est bon de donner des crédits à notre pauvre commandant alors que l'intimidation est beaucoup plus jouissive, tant l'animation qui en suit ferait peur même à
Baron au volant d'une
Ferrari comme prendre la personne par le col, la secouer dans tous les sens et enfin lui coller le pistolet sur la tempe.
L'interaction avec les autres personnages est primordiale, aussi bien dans votre groupe suivant vos actions et paroles qu'avec n'importe quel
NPC, ce qui vous permettra d'éviter des combats inutiles et d'obtenir ce que vous voulez sans utiliser toutes vos méninges ou la force.
Ensuite vient l'équipement, pour vous débarrasser du bestiaire de
Mass Effect vous aurez le choix entre quatre types d'armes : sniper pour éliminer les ennemis de très loin, pistolet pour plus de corps à corps avec une bonne précision, fusil d'assaut pour nettoyer vite et bien et fusil à pompe pour foncer dans le tas et donner des crosses. Chacune des armes est définie par trois caractéristiques
à savoir ses dégâts, la rapidité entre deux coups et enfin la latence avant une surchauffe de l'arme. Ajouter à cela des armures définies par leur défense, leur bouclier et la résistance procurée face à une attaque biotique ainsi que les mods installables, permettant entre autre que vos balles soient explosives ou glacent les ennemis.
Frustrant, si vous n'avez plus de vie, vous assistez impuissant au combat de vos coéquipiés en attendant le gameover ou une victoire trop rare.
Le dernier point sur le gameplay est basé sur les déplacements à l'aide du
Mako, véhicule tout-terrain équipé d'une gatling et d'un canon pour vous débarrasser de la faune locale. Pour ma part j'ai trouvé ces parties particulièrement intéressantes et renforçant l'immersion, mais le maniement du véhicule est vraiment bancale... Imaginez vous au volant de la
Warthog d'
Halo mais à l'inverse d'avoir le joystick gauche pour accélérer et freiner et le droit pour la direction, le droit sert à la vue et le gauche à diriger le véhicule suivant cette vue. En gros un ennemi est derrière vous, vous regardez derrière et vous devez aller en avant avec le joystick gauche pour reculer. Même si le système est bien pensé il ne reste que très peu pratique dans des affrontements où il faudrait réagir vite et la puissance du canon étant démesurée, on se retrouve à pilonner de loin sans prendre de risque.
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