Enième épisode d’une série déjà éprouvée sur PC, Battlefield2 Modern Combat pose son barda sur la première console next gen. Au rapport soldat !
On nous en avait bien fait baver avec des trailers à s’exploser la rétine, grâce à des graphismes rehaussés par rapport à sa grande sœur sur PC. Action non-stop, prise en main adaptée, plaisir de jeu présent… j’en passe et des meilleures. Malgré toutes ces promesses, Battlefield2MC déçoit par son manque de finition évident et par son contenu. Explication…
Version extra light.Il est avant tout nécessaire de rappeler ce qu’est Battlefield. Sorti à l’époque où Counter Strike monopolisait la bande passante de bon nombre de PC, le titre de DICE proposait un nouveau système alliant classes de soldat et véhicules. Le tout se bat joyeusement sur de larges cartes où les drapeaux disséminés représentaient différents points stratégiques à prendre et tenir, ainsi que de points de respawn. La partie s’arrêtait lorsque le nombre de tickets alloués à une équipe tombait à zéro ou que tous les drapeaux étaient pris par un des deux camps (l’un aidant souvent l’autre). Battlefield 2 sur PC suivait donc la lignée (Battlefield 1942, Battlefield Vietnam), avec pour nouveauté, un conflit moderne opposant les forces arabes (remplacés par l’OTAN ici, US et chinoises ; plus cliché que ça, tu meurs).
Mais Battlefield2 se révèle plus complexe dans la mesure où un joueur endosse le rôle de général. Dès lors, il peut lancer des ravitaillements en arme, décider d’un bombardement sur telle ou telle zone (en nombre limité), ainsi que lancer un drone de repérage traçant tous les ennemis dans une zone sur le radar. Le reste de l’armée se constitue de groupes de six hommes maximum menés par un joueur. Ce joueur peut communiquer avec son général et demander des instructions, ou en donner à son groupe. L’interface d’ordre et d’action est bien [censure]çue, on vise un point, on clic-droit souris, et tout en le maintenant, on sélectionne l’option dans le menu qui apparait. Le tout sans temps mort.
Le rôle de chaque classe est primordial puisque que le toubib soigne et ressuscite ses camarades mais est très faible en combat, le soutient mitraille sec et fournit ses camarades en munitions, le sapeur répare les véhicules et le soldat de base est le meilleur compromis pour le combat. On obtient donc un gameplay qui permet à des équipes d’avancer de manière autonome et concertée. Les joueurs solitaires optent pour la classe de sniper quand ce n’est pas pour les forces spéciales et la capacité de faire sauter un pont.
Là vous vous dites « Oui ! Mais moi je veux jouer à la version Xbox360, pas la version PC, je m’en tape de sa version PC ! ». Seulement le hic, c’est que le Battlefield2 sur console est tout de même un chouïa bâclé et ne reflète pas sa source PCiste. Vous pouvez dire adieu à la classe de médecin, le soutient reprenant le rôle de soigneur, mais ne pouvant plus réapprovisionner en munitions, et à la hiérarchie militaire. Certes, au lieu d’une moyenne de 32 joueurs (64 joueurs maximum), un serveur plafonnera à 24 joueurs grand max. DICE a donc recentré son jeu sur l’action pour qu’il nous convienne, et ce aux dépends d’un système de jeu déjà éprouvé. On obtient donc des parties plus bourrines, mais pas plus nerveuses.
Acheté aujourd’hui, fini demain.Non content d’avoir amputé une bonne partie de son gameplay, DICE en a oublié de vérifier son travail. La finition laisse à désirer pour un jeu à ce tarif (70€ dans le commerce). Raccord spéciaux entre les murs qui laissent passer la lumière, joueurs qui arrivent à vous shooter à travers les murs (pas à l’explosif, juste avec des balles), collisions discutables avec le décor que l’on soit dans un véhicule ou à pied, on est loin du standing next gen.
Pour être sûr d’abattre l’adversaire, un viseur d’une bonne largeur sera là. Et quand on voit la taille du viseur, on se dit qu’un aveugle pourrait mettre dans le mille. Exception faite pour le fusil à pompe du sapeur, aussi précis de loin comme de près (soit assez inutile).
Pour continuer dans l’adaptation au monde console, le support d’artillerie (réservé au général sur PC) se fait par une borne disposée sur le champ de bataille à égale distance des deux camps et doit se recharger entre deux utilisations. Les modifications de classe portent aussi préjudice à l’équilibre stratégique puisque les forces spéciales ne feront pas sauter beaucoup de ponts, le soutient ne soigne que très peu, le sapeur devra compter sur un camouflage à toute épreuve (voire à sa capacité à imiter le brame du cerf en rut entre deux immeubles) en l’absence d’arme potable à mi-distance.
Dans la foulée, le nombre de cartes réellement jouées online se compte sur la main d’un traître yakusa. Comptez une petite dizaine de cartes, aucune description sur elles ne figure dans le manuel (bien maigre lui aussi, ce qui devient une habitude chez EA), et l’impossibilité de créer sa session online n’aide pas.
Viens chez moi, j’héberge chez un copain.Après Call of Duty2 et son mode réseau calamiteux à sa sortie, il est amusant de voir un autre éditeur se prendre les pieds dans le tapis à quelques mois d’intervalle. L’obligation de jouer sur les cinq serveurs européens en raison du ping (les autres serveurs étant à disposition mais déconseillés) est compréhensible dans la mesure où le joueur peut monter de grade, mais il existe des parties non classées. A ce jour, il nous aura été impossible d’héberger ou créer une session non classée, à l’inverse de la version PC qui le propose depuis presque un an. Sacré contraste…
Il est donc impossible de jouer avec des joueurs de notre langue (plus pratique pour construire un semblant de stratégie), et les incohérences au sein des deux côtés seront légion. Notez que certains joueurs ont laissé leur cerveau sur Halo2. Certains ne s’embêteront pas à attendre qu’un soldat allié finisse de traverser avant de passer avec leur tank et vous écraseront sans remord (c’est du vécu). La solution : il est possible de porter plainte et d’expulser le joueur incriminé. Mais expulser la moitié de son équipe n’aide pas à remporter la victoire. Autre phénomène (réprimandé sur PC par un bannissement sur certains serveurs) ayant voyagé avec le jeu : le Kamikaze. « Je prend un hélico, je vole à fond vers la base ennemie, et je m’éjecte sans problème grâce à mon parachute ». Un véhicule qui rencontre un corps engendre normalement des dégâts. Heureusement que les avions font partie des véhicules passés à la trappe, sinon nous aurions un 11 septembre toutes les dix minutes.
Un solo qui fait se sentir seul.Contrairement à la version PC, la version Xbox360 bénéficie d’un mode solo aux petits oignons : IA limités, difficulté très mal dosée avec une gestion des sauvegardes honteuse, il n’en faudra pas plus pour tourner les talons et retirer le DVD Rom du lecteur (voire de retourner chez son revendeur).
Les missions ont été élaborées à la va-vite et même si les objectifs peuvent se révéler variés, la façon d’y aboutir reste identique : à grands coups de balles. Certaines d’entre elles se révèlent d’une incroyable difficulté, alors que bizarrement la précédente était assez facile et que la suivante le sera aussi. L’IA alliée reste basique comme celle de l’ennemi, laissant le joueur sans espoir d’un soutien efficace. Ajoutons, comme je le disais, un système de sauvegarde honteux, puisque qu’il n’existe pas de checkpoint. Quand on échoue, on recommence depuis le début, dur à avaler à l’heure où la majorité des shoots solo ont des points de sauvegarde.
C’est beau, c’est neuf ?Les graphismes sont le gros point fort du jeu. C’est beau, même très beau, presque aussi beau qu’un GRAW. Mais cette beauté est aussi un handicap. Dans les cartes enneigées, avec un soleil rasant en plein dans les mirettes, on ne voit strictement rien. Idem lorsqu’on sort brusquement d’un hangar après quelques minutes passées dans le noir, on reste ébloui l’espace de quelques secondes, le temps que la rétine s’adapte. Pour les connaisseurs, je parle du HDR, effet graphique magnifique, mais désactivé systématique par les joueurs « pros » (toujours sur PC) dans l’optique de rester efficace. Le Blur est aussi présent et contrairement au HDR, il n’est nullement gênant. Les quelques bugs que j’ai cités plus haut ne viendront pas gâcher la fête, malgré leur présence dont on aurait pu se passer.
Quant à la bande son, elle fait énormément penser à celle d’un Splinter Cell. Plagia délibéré ou heureuse coïncidence ? De toute façon, elle est plaisante.