Publié par SHADOWMARIO le mercredi 22 juin 2011 à 22:20
14 ! 14 ans, c’est le temps qu’il a fallu attendre avant de voir débarquer Duke Nukem Forever. Après de multiples retards et même une annulation, le roi est bel et bien de retour sur nos consoles haute définition et PC pour botter un grand nombre d’arrière-trains pour rester poli. Alors certes, on pourrait dire : j’espère que le jeu en vaut la chandelle après autant d’années de développement, j’espère que je ne vais être déçu du contenu, que les graphismes en jettent un max… "des j’espère" qui au final n’ont pas beaucoup d’importance pour le vrai fan de Duke qui peut enfin toucher un titre qui semblait devenir petit à petit plus une arlésienne il n’y a pas encore si longtemps.
WELCOME BACK
Mais avant toute chose, il est toujours intéressant avant de commencer un test comme celui-ci de faire un petit détour dans le passé afin d’y retrouver les origines de ce bonhomme pas comme les autres. Sa première apparition ne date pas d’hier puisqu’il est apparu en 1991 dans un jeu d’action/plate forme 2D et tournant sur système DOS. Fier de son succès, le studio de développement Apogee Software décide de travailler sur un second épisode qui sort en 1993 et porte fièrement le nom de Duke Nukem II. Là aussi nous avons eu le droit à un jeu mélangeant action et plate-forme mais avec d’innombrables améliorations et de nouveautés. Pour le coup, le PC n’a pas été le seul à profiter de cette suite puisqu’en 1998, une version étudiée spécialement pour la Game Boy Color de Nintendo est sortie.
Mais ce fut en 1996 avec un certain Duke Nukem 3D que la licence a réellement fait un véritable bond dans le monde du jeu vidéo. Pour le coup, le studio Apogee Software en a même profité pour changer son nom et devenir le très célèbre 3D Realms que tout le monde connaît. Duke Nukem 3D est donc un épisode qui a réalisé un énorme succès et qui s’est vendu à des millions d’exemplaires dans le monde. D’ailleurs, on pouvait même parler de phénomène à l’époque. Ceci grâce à des niveaux en 3D très variés mais aussi très beau, ainsi qu’un bestiaire absolument énorme (qui ne se souvient pas des Porcoflics qui hurlaient à l’agonie lorsqu’on leur tirait dessus, les Cervoctuples, les Troopers…) et surtout les légendaires répliques de Duke qui sont à se tordre de rire et rendent le titre encore plus mature. Bref, un épisode qui sonne comme une référence dans cette série, mais aussi une révolution lors de sa première apparition sur PC. Qui dit succès, dit automatiquement adaptation, et déjà en 1996, ce mot avait une grande signification. La preuve, Duke Nukem 3D est sorti ensuite sur MAC, Playstation, Saturn, Nintendo 64 et même sur Megadrive. Enfin, dernièrement, on a pu assister à son arrivée en 2009 sur iPhone et en version HD sur le Xbox Live Arcade.
Bien entendu, suite à ce succès fou, 3D Realms a sorti d’autres titres mettant en scène le « Roi ». Ainsi on a pu profiter de différentes versions sur pas mal de supports différents comme Duke Nukem Time to Kill sur PS1, mais aussi un très bon mais très difficile Duke Nukem : Zero Hour sur Nintendo 64. Suite à ces épisodes, la série c’est quelques peu essoufflé comme le démontre Duke Nukem : Land of the Babes toujours sur PS1 et Manhattan sur PC. N’oublions pas non plus les versions concoctées pour les consoles portables comme Duke Nukem Advance et un très mauvais Duke Nukem Critical Mass sur Nintendo DS.
Mais dans tout cela, nous n’avons pas parlé du légendaire Duke Nukem Forever dont le développement a commencé en 1997. Déjà au début de son développement, le jeu a subi quelques soucis puisque le créateur de Duke (Todd Reploge) est parti du studio laissant un grand vide autour de lui. Mais cela n’a pas empêché au studio de continuer le développement de ce qui deviendra le jeu le plus retardé de l’histoire du jeu vidéo. La suite vous la connaissez aussi bien que moi puisque le titre fut maintes et maintes fois retardé, le moteur graphique a changé lui aussi plusieurs fois et cerise sur le gâteau : ce projet a même été amené devant les tribunaux suite à des problèmes de contrats entre 3D Realms et Take 2. Enfin de compte, 3D Realms a fait faillite en 2009 et c’est Gearbox Software qui repris le développement du jeu quelques mois après et ainsi le sortir en ce mois de juin 2011. Quelle histoire…
ET C’EST REPARTI POUR UN BOTTAGE DE CUL !
Allez, après cette petite histoire sur les origines de Duke, il est temps de commencer le test de Duke Nukem : Forever. Et comme vous vous en doutez, ce genre de jeu n’est pas le style à proposer une histoire très complexe remplie de rebondissements, d’amour, de séparations… bref, un véritable chef-d’œuvre prétendant concurrencer les plus grands bouquins de science fiction. Quoi que, si on y pense bien, on retrouve quand même un peu d’amour puisque les deux sœurs jumelles sont carrément raides dingues de notre ami Duke. La séparation aussi est de la partie. Mais je vais m’arrêter là car le risque de spoiler le jeu est trop présent.
Donc, dans ce nouvel opus, Duke Nukem est devenu l’homme le plus célèbre de la terre, mais aussi une véritable icône pour chaque être humain. En même temps, ce n’est pas tout le monde qui est capable de sauver le monde. Surtout tout seul et sans l’aide de personne. Ainsi, l’homme aux cheveux blancs est devenu pendant toutes ces années une personne possédant un max d’argent mais possédant aussi de magnifiques bâtiments comme le Duke Burger pour ne citer que lui. Mais tout a une fin car les aliens reviennent en force pour se venger du terrible bottage de cul qu’ils ont reçu il y a douze ans. Votre mission (si vous l’acceptez) est donc très simple puisque l’on vous demande de débarrasser une nouvelle fois le monde de la menace extraterrestre. Rien que ça !
Et pour cela, notre cher Duke peut compter sur un arsenal digne des plus grands films d’action. On retrouve donc les classiques armes que sont le pistolet, le fusil à pompe, la mitrailleuse à trois canons en passant par les explosifs, le lance-roquettes, mines et grenades télécommandées. Sans oublier des armes farfelues comme le rayon rétrécisseur et le rayon congelant. A travers cela, il est également possible d’utiliser des armes extraterrestre qui mine de rien font tout aussi mal que les armes dites terriennes. Vous l’avez compris, Duke ne va pas se laisse faire et n’attend que l’arrivée de ces put… d’aliens pour leurs faire manger le bitume.
DANS L’HISTOIRE, Y A QUE MOI QUI AI LA CLASSE !
Attention, nous allons maintenant toucher au point sensible de Duke Nukem : Forever. Je parle bien entendu de l’aspect graphique. Quand on sait que le développement du jeu a débuté en 1997 et qu’il a été maintes et maintes fois recommencé depuis le début et qu’il a changé plusieurs fois de moteur graphique, on ne peut qu’être soucieux du résultat final. Si vous voulez un exemple, imaginez qu’au tout début, le jeu ait été développé avec le moteur graphique de Quake 2 puis un an après, il est passé à l’Unreal Engine. En 2004, retour à la case départ et encore un changement de moteur puisque c’est celui d’un studio suédois qui servira : le Meqon. Attendez, ce n’est pas terminé, en 2007, c’est l’Unreal Engine 2 qui est à l’honneur, histoire de concurrencer les plus grosses productions de l’époque. Enfin, pour terminer cette histoire complètement folle, nous voici avec un Duke Nukem : Forever propulsé avec une amélioration du moteur graphique d’un certain Doom 3.
Bref, nos doutes sont donc bien fondés car les dix premières minutes de jeu confirment ces mauvais sentiments et on ressent le fait que le jeu ait subi un développement chaotique. Pour être franc, d’un point de vue visuel, Duke Nukem : Forever est indigne des consoles actuelles. On se retrouve avec un titre qui a au moins cinq ans de retard dans la vue. Et encore, je suis gentil. A la rigueur, on pourrait dire que le jeu reste assez correct dans les passages se déroulant à l’intérieur des bâtiments et autres grottes infestées d’aliens. Malgré des textures un peu fades et des objets modélisés à la « va vite », l’ensemble est assez sympa à regarder malgré ce put… d’aliasing. Mais dès que l’on met le nez dehors, c’est l’horreur qui nous attend. A commencer par un ciel absolument atroce. Cela fait plus penser à une vilaine tâche de peinture qu’à autre chose. Ne parlons même pas de la modélisation plus que désastreuse des vaisseaux extraterrestres, mais aussi des autres véhicules que l’on peut croiser le long de l’aventure. Seuls ceux qui font office de moyen de transport à notre Duke ont été soignés, c’est-à-dire la voiture télécommandée et le Monster Truck.
A lire cela, on pourrait en déduire que le jeu est d’une laideur sans égale. Et bien non, il ne faut pas non plus dire cela. Car malgré ces énormes défauts, on retrouve quand même un certain plaisir à jouer à cette nouvelle aventure mettant en scène notre ami Duke. A commencer par l’interactivité avec les décors qui est assez poussée. Rares sont les jeux à proposer ceci. Pour donner quelques exemples sur les choix qui vous sont donnés, il est possible de prendre un morceau de pizza, d’ouvrir la porte du micro-onde, de la poser dedans, de fermer la porte et de la faire chauffer. Une fois chaude, il ne reste plus qu’à la manger tout en disant la réplique adaptée. Autre exemple : prenez un rat par terre et mettez le lui aussi dans le micro-onde. Attention, ça risque de faire des étincelles… Toutes ces petites interactions permettent de ne jamais s’ennuyer et ce malgré la grande linéarité des 24 chapitres proposés.
La linéarité ! En voilà une des choses qui change par rapport à son grand frère, cette version vous oblige à suivre un chemin déjà tout tracé. Il n’est plus possible de revenir au début d’un niveau pour voir si un bonus ou une arme a été oublié, et il n’est également pas possible d’emprunter un chemin intermédiaire pour avancer dans le jeu. Cela est vraiment dommage d’autant plus que d’autres petites choses ont été laissées au bord de la route pendant le développement du jeu. Mais ça, nous le verrons dans la partie suivante. Ne parlons pas également de l’intelligence artificielle de l’ennemi qui se retrouve au raz des pâquerettes. Ces derniers se cantonnent à tirer sur vous sans jamais se cacher ou esquiver vos coups en combat rapproché. Mais ce qu’il faut garder en tête c’est que même si le jeu est techniquement dépassé, cela n’empêchera pas le vrai fan de Duke Nukem d’être aux anges et de bien se marrer tout au long de l’aventure.
PAS PERDU MON ENDURANCE APRÈS TOUTES CES ANNÉES !
Courir, sauter, tirer, assommer, donner un coup de savate dans les portes : voici en quelques mots les actions que vous pourrez effectuer dans Duke Nukem Forever. Bref, du basique à 100%. Et avec toutes ces années qui le séparent de Duke Nukem 3D, la recette fonctionne toujours aussi bien. Bon, c’est vrai que les phases de plate-forme où il faut sauter d’un endroit à un autre sont très peu précises et peuvent même conduire à une envie d’éclater carrément la manette dans la télé. Hein ? Attendez, on me dit qu’il y en a un qui l’a fait au moment où il faut monter sur la statue de Duke pour passer à l’étage supérieur du casino.
Bref, vous l’avez certainement compris, ce jeu n’est pas très difficile à prendre en main. On pourrait presque le classer dans la catégorie arcade des FPS. En plus de cela, la manette Xbox 360, parfaitement optimisée pour tous les jeux du genre est encore plus efficace dans cette configuration. La gâchette droite permet de tirer, celle de gauche de zoomer, le bouton A de sauter, le Y de changer d’armes… Seul problème : le mauvais positionnement de l’Holoduke qui s’active en pressant la droite de la croix multidirectionnelle. Combien de fois je me suis trompé entre la vision nocturne (placée vers le haut de la croix) et cet Holoduke. D’autant plus que ce dernier est assez rare dans le jeu et qu’il se révèle extrêmement utile lors de gros combats.
Je parlais dans le paragraphe précédent des choses qui ont été retirées par rapport à son aîné. Certaines d’entre elles ne sont pas trop importantes, mais d’autres laissent vraiment un goût amer. A commencer par la jauge de vie portant le nom de « barre d’Ego ». Elle symbolise l’énergie vitale de Duke et a la particularité de se régénérer automatiquement au bout d’un certain temps (tout comme un certain Halo). Adieu donc les légendaires « Médikit » qui avaient tendance à y aller mollo lorsque la barre de vie se rapprochait dangereusement des 0 points de vie. A savoir quand même que cette fameuse barre d’Ego peut au fil de l’aventure s’agrandir et augmenter la résistance face aux salves des ennemis. Pour cela, il faut se servir des interactions avec le décor. S’admirer devant un miroir, fumer un cigare, jouer au flipper, au billard, boire une bière… Toutes ces actions seront nécessaires si vous voulez monter votre barre de vie et avoir un peu plus de faciliter pour continuer l’aventure.
Concernant les autres abonnés absents (en mettant de côté le fait que le jeu ne soit pas jouable en coopération), on peut parler de la suppression pure et simple du Jetpack qui s’avérait hyper fun à l’époque (bien que ce dernier soit présent en multijoueur), la suppression du coup de pied (sauf au moment d’écraser les ennemis après les avoir miniaturisés), la disparition des passages secrets… C’est bien dommage d’avoir supprimé tous ces petits détails car cela enlève un peu de fun et de nostalgie au jeu.
JE VAIS TOUS VOUS BOTTER LE C… !
Allez, il est temps de terminer ce test en parlant du mode multijoueur qui, je vous le rassure est assez bien fichu. Terminé le temps où les parties en LAN nous autorisaient à jouer en multijoueur pendant des heures durant. Maintenant, c’est par l’intermédiaire du Xbox Live que l’histoire continue. Alors, au programme, il faut avouer qu’il n’y a rien d’extraordinairement novateur dans les modes de jeu puisque l’on retrouve les classiques modes "deathmatch" et "roi de la colline". Sans oublier une adaptation bien sympathique de la capture du drapeau (appelé pour le coup "Capture the Babes") où le but et de choper une babes et de la garder le plus longtemps possible sur son épaule avec à la clef des distributions de fessées à chaque fois qu’elle essaie de se débattre.
Certes, il n’y a pas beaucoup de modes de jeu, mais pour autant Gearbox a eu la riche idée d’implanter un système d’expérience afin d’augmenter la durée de vie du multi. Ce qui permet à un certains niveau de débloquer divers éléments, histoire de décorer votre maison au fur et à mesure. Malheureusement, au moment où je vous parle, les parties sont assez irrégulières en terme de connexion car il arrive assez souvent de retrouver des problèmes de lag voir même des déconnexions. Dommage. Espérons que Gearbox prendra du temps pour régler ces problèmes surtout qu’on sait qu’ils préparent déjà des DLC pour cet été.
Détails
Jouabilité
Le gameplay est typiquement Old School, c'est-à-dire que l’on retrouve un jeu reprenant l’ensemble des bases d’un FPS. A notre époque, on pourrait dire que cela est complètement dépassé et pourtant, encore une fois on se prend vite au jeu et on avance encore et encore et ce malgré sa grande linéarité en gardant à l’esprit que l’on a l’incroyable impression de revenir dans les années 1990, en pleine gloire du début du FPS.
7/10
Graphismes
Duke Nukem Forever est techniquement indigne des consoles actuelles. Que se soient les graphismes, les textures ou encore les animations des ennemis, il faut avouer que ce titre accumule les faux pas. Et pourtant la sauce prend très vite car malgré cela, on se prend rapidement au jeu à tel point que l’on ne fait plus attention à ces différents problèmes.
5/10
Durée de vie
Pour terminer la campagne solo en mode normal, comptez quand même une bonne dizaine d’heures. Comptez-en le double si vous passez par les modes de difficulté supérieure. Enfin, n’oublions pas que [b]Duke Nukem Forever[/b] propose un mode multijoueur sur le Xbox Live qui reste diablement efficace.
8/10
Le son
S’il y a bien un secteur où Duke Nukem excelle, c’est bien dans sa bande son. Tout d’abord avec les cultissimes répliques de Duke qui sont à mourir de rire. On reconnaîtra également les cris des légendaires créatures que vous rencontrerez ça et là le long de votre aventure. Enfin, niveau musique, on retrouve un côté rock qui saura intensifier certaines phases d’action bien soutenues.
8/10
Xbox Live
Il est vraiment dommage que le jeu ne propose pas un mode campagne jouable en coopération. Mais d’un autre côté, les différents modes de jeu et le système d’expérience sauront vous tenir un bon moment sur votre console. Reste juste à régler les problèmes de lag et de déconnexions qui s’avèrent assez nombreux.
6.5/10
Conclusion
Hmmm, difficile à dire sans que certains d’entre vous ne me jettent des tomates et autres bouteilles en verre. Allez, je me lance car de toute façon mon idée est déjà toute tracée. D’un côté Duke Nukem Forever propose des graphismes complètement dépassés ainsi que des textures à la limite de l’acceptable pour un jeu de 2011. Autant cela risque de faire tâche pour un joueur qui ne connaît que des titres comme Call of Duty ou Battlefield ; autant cela ne dérangera pas le vrai fan de Duke Nukem qui ne regarde pas ce genre de défaut. La seule chose qui importe pour lui comme pour moi, c’est de retrouver les mêmes sensations qu’un certain Duke Nukem 3D. Et là dessus, c’est une réussite. Même plus, on en veut encore…
7/10
+
+ Les répliques de Duke + Le côté Old-School + L’interactivité avec les décors + La durée de vie de la campagne + L’humour et le côté parodique + Les babes + Duke est enfin de retour
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- Les temps de chargement - Certaines textures hideuses - Un aliasing beaucoup trop prononcé - Des ralentissements - Certaines animations - Des phases de plate-forme mal adaptées - Pas de mode coop
Commentaires
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"Duke Nukem : Forever propulsé avec une amélioration du moteur graphique d?un certain Doom 3" ID TECH3 le même moteur qui fait tourner les CALL OF DUTY depuis le 2 !!