Rares sont les RPG japonais sur notre chère Dame Blanche (ou Noire) et encore plus rares, ceux qui auront ravi tous les amateurs de ce type de jeu. Même si de nouvelles annonces ont eu lieu lors du dernier Tokyo Game Show, les jeux concernés ne seront disponibles que fin d'année 2008. La concurrence est rude avec
Oblivion ou encore un certain
Mass Effect mais
Eternal Sonata, développé par
Bandai Namco, veut être le premier dans le classement de la petite dizaine de RPG Nippon sur notre console.
Eternal StoryL'histoire débute tout simplement par la fin et l'ensemble sera donc un flashback qui permettra au joueur de comprendre le dénouement de cette fable. On se retrouve donc à Paris, Place Vendôme dans les appartements de la famille Chopin. Au chevet de
Frédéric François Chopin, sa famille et un docteur veillent sur son état de santé alors que la maladie va bientôt l'emporter.
Pour
Tri-Crescendo, qui nous aura déjà ravi avec
Valkyrie Profile et
Baten Kaitos Chopin aurait vécu cette dernière nuit dans son rêve, et quel rêve ! Un monde entier avec ses propres royaumes, peuplé d'humains comme de créatures mythiques et où la magie est synonyme de maladie et de mort pour son utilisateur et son entourage. C'est dans ce monde des plus sombres que
Chopin rencontrera
Polka, jeune fille qui est une paria puisque, douée comme ce dernier dans l'art de la magie, et c'est ce point commun qui sera le point de départ de l'aventure des deux personnages. De son côté
Polka souhaite faire entendre raison à
Valse, le souverain du coin qui innonde le marché d'une poudre aux effets... étranges alors que
Chopin s'efforcera de retourner à la réalité, mais où est vraiment la réalité ?
Au fil de l'aventure se joindront au groupe d'autres personnages, tous ont des comptes à régler d'une manière ou d'une autre avec
Valse et c'est ainsi neuf personnages qui auront à coeur de sauver ce monde.
Eternal Tribute En prenant
Chopin comme l'un des personnages principaux du jeu, il fallait bien s'y attendre,
Eternal Sonata est à la fois une fable tant son scénario, bien qu'assez classique, vous révèlera bien des surprises et vous enchantera tout au long de l'aventure, mais c'est aussi un véritable hommage au compositeur polonais. Hormis le fait que ce soit un des personnages de l'histoire, une multitude de clins d'oeil sont faits, les noms des villes prennent leur inspiration dans les mouvements artistiques, les personnages dans quelques-unes des plus belles oeuvres du compositeur comme
Mazurka,
Valse et d'autres prennent leur inspiration toujours en rapport à la musique comme
Jazz ou encore
Viola.
Le monde entier d'
Eternal Sonata tourne autour de la musique classique, il n'est pas rare que l'architecture prenne des formes de violons, d'hautbois et tout contribue à la féérie. Enfin, chaque chapitre du jeu est ponctué par des morceaux de
Chopin, bien sûr reprenant les sentiments des derniers instants joués, et illustré par une série de photos et de commentaires sur le morceau et le compositeur. Même si cela coupe souvent l'ambiance frénétique du titre (surtout en fin de chapitre), vous pourrez passer ces coupures mais avouons-le, toute personne non-hermétique à la musique prendra plaisir à reposer les doigts, ouvrir ses oreilles et en apprendre plus sur
Frédéric François Chopin.
Eternal Oh my god c'est joli Ceux qui auront déjà joué au jeu, testé la démo ou encore regardé les quelques vidéos parsemées sur la toile, le jeu est beau. Beau semble même assez petit tant le jeu fourmille de détails et de couleurs.
Utilisant le
Cell-Shading promu au rang de technique vidéoludique qui claque par
Jet Set Radio,
Eternal Sonata en profite au maximum comme de la puissance de la console.
Outre l'effet dessin, toutes les dernières innovations en matière de graphismes ont été rajoutées, les ombres profitent du HDR, l'anti-aliasing est de mise, tout pour procurer au joueur un régal pour les yeux. Que ce soit les différentes cut-scenes ou les combats qui sont plus rapprochés des personnages, vous pourrez ainsi profiter grâce à des plans de caméra particulièrement bien choisis du souci du détail sur chaque membre de votre groupe, les décors et encore sur la gestion des éclairages. Mon seul regret viendrait du fait que certains personnages ne peuvent pas garder leurs bras le long du corps, mais je vous l'accorde, c'est vraiment chipoter pour un rien quand on évolue dans un monde aussi joli.
Eternal Gameplay Quiconque a joué à un
Tales Of ne sera en aucun cas dépaysé. Votre exploration reprendra les principes de tout RPG, une ville que l'on peut fouiller de fond en comble, ou alors comme dans un
Tales Of, on se concentre sur les points essentiels, le marchand, la petite quête annexe, et la poursuite de la quête principale puis on prend un chemin parsemé de monstres visibles sur la carte, donc vous pouvez éviter de combattre, pour aller au prochain donjon ou à la prochaine ville. Parlons un peu des donjons, toujours ponctués par un Boss, ceux-ci méritent toute votre attention car nombreux sont les items et monstres qui s'y cachent. L'aventure virant rapidement des combats faciles à difficiles, il vous faudra en effet vous reposer sur votre inventaire, vraiment crucial dans le jeu où l'expérience accumulée pour vous en sortir, mais c'est là l'essence d'un RPG, et même si vous être un hardcore gamer, certaines zones sont longues et vous devrez forcément combattre un jour ou l'autre.
Il fallait y arriver un jour ou l'autre, les combats, nombreux, trop nombreux contre la petite vermine qui peuple le monde d'
Eternal Sonata.
Le système est heureusement incroyablement efficace, le combat se lance et voilà les trois personnages actifs en combat dans une zone circulaire avec obstacles, zones d'ombre et de lumière. L'ennemi est en face de vous, dans la lumière il sera peut-être dans une forme plus faible que s'il était dans l'ombre, et inversement, il vous faudra vous déplacer vers l'adversaire via le joystick, peut-être après avoir analysé la situation, pour lui asséner des coups via le bouton A. Dès votre premier pas, une jauge de temps représentant votre temps d'action diminue, et chaque action la fera diminuer de plus en plus. Une fois écoulé vient le tour de l'ennemi qui voit ses actions elles aussi gérées par les mêmes règles, vous pourrez d'abord vous protéger grâce à un timing précis en appuyant sur B et diminuer ainsi les dégâts pour ensuite, tard dans l'aventure, le contrer et recommencer un tour entier.
Marteler le bouton A contre un adversaire fait grimper une autre jauge représentée par des étoiles qui amplifieront vos attaques spéciales utilisables par le bouton Y. Ces attaques spéciales sont attribuées manuellement par le joueur, et les utiliser dans une zone d'ombre ou de lumière changera totalement l'attaque, vos déplacements auront donc une influence cruciale entre lancer une attaque dévastatrice ou un sort de soin, quand un de vos adversaires a 2 hp. A 24 et 32 étoiles vous aurez droit à une mise en scène particulière de votre attaque, et c'est bien jouissif compte tenu de l'efficacité de l'amplification ! Même si tout semble un peu barbare comme ça, les combats s'enchainent bel et bien vite contre les diverses créatures peuplant les donjons, et c'est seulement lors des affrontements contre les boss qu'il faudra utiliser vos talents de stratège, et ne pas envoyer un personnage en solo hors de portée des deux autres.
Le gameplay n'est pas statique, votre groupe gagnera aussi en expérience comme vos personnages. Votre temps d'action sera ainsi diminué jusqu'à être nul, les déplacements en temps réel et le temps de réflexion nul lui aussi. On place des restrictions mais on permet aussi plus, les contres se débloquent grâce au niveau de votre groupe ainsi que les harmoniques ! Car les harmoniques sont vraiment splendides en plus d'être nécessaires. Votre groupe a donc augmenté de level, et vos personnages peuvent attribuer plusieurs attaques de lumière ou d'obscurité, les harmoniques vous permettent une fois la « jauge étoilée » au-delà de 24, d'enchainer d'abord des attaques spéciales avec un personnage, puis avec deux si leurs attaques sont à porter de l'ennemi. L'intérêt vient des combos réalisés, un personnage bourrine d'abord l'ennemi, puis lance une aura de défense sur tous les alliés, et le dernier guérit enfin le groupe. Les possibilités sont en quelques sortes infinies et en comptant les attributs spécifiques de vos personnages, comme
Jazz qui frappe deux fois par attaque et très fort mais avec une lenteur affligeante ou
Mazurka qui se voit dotée d'une rapidité d'attaque et de déplacement exemplaire mais avec une distance de frappe minime ou encore
Viola qui attaquera via son arc à l'autre bout du terrain par le biais d'une visée manuelle et de la charge que vous mettez dans la flèche via la bouton A, vous avez devant vous un gameplay solide et varié !
Eternal Final Niveau sonore, en prenant des morceaux de
Chopin et en ajoutant une bande son par
Motoi Sakuraba qui travaille avec
Tri-Crescendo depuis
Baten Kaitos, on obtient un délice pour les oreilles, même si les bruitages de certains coups font un peu clitch. La mise en scène avec une attaque spéciale est aussi un régal et l'impression de puissance ressort autant visuellement qu'auditivement.
La possibilité de pouvoir mettre en plus les voix originales sous-titrées est extra pour les amateurs de VO comme moi, mais difficile de comprendre comment un « Beat » auditif devient un « Piccolo » en sous-titre.
Alors qu'est-ce qui allait bien pouvoir ternir ce tableau si élogieux ? La durée de vie bien entendu et la répétitivité du titre. Même si les combats sont monnaie courante dans un RPG, on retrouve les mêmes monstres boostés et d'une couleur différente plus tard dans l'aventure, ce manque d'imagination est malheureux. Les combats contre les bestioles communes tournent vite au « je fonce, je bourrine avec A et j'enchaine avec Y avant la fin de ma jauge et pan y'a pu rien », comme je l'ai déjà dis le bonheur vient dans les combats contre les Boss où tous vos talents seront exploités.
Mais le point noir impardonnable reste donc la durée de vie, une vingtaine d'heures et j'étais aux portes de l'affrontement finale. Le scénario apporte son petit lot de surprises et le peu de quêtes annexes relèvent quand même le niveau et on s'attarde, on cherche les armes divines qui apportent des boosts impressionnant sur vos personnages et on retourne au boss final... 24 heures de jeu ! Je me lève à minuit, pas de pause pipi ni repas, je me couche à minuit et j'ai terminé le jeu...
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