Satanés moissonneurs… Non seulement ils représentent une menace de plus en plus prégnante pour l’humanité, à l’heure où les conflits interraciaux rongent l’unité de la galaxie, mais de plus personne ne veut vraiment vous écouter à leur sujet. C’est pourtant moi, vous, en la personne du commandant Shepard qui est allé risquer sa peau dans leur repère. Et voilà que ces monstres affreux s’en prennent à toutes les espèces et envahissent la Terre, rasant tout sur leur passage. Il est donc temps de remonter à bord du Normandy pour conclure la saga Mass Effect dans ce tant attendu troisième épisode. Une aventure à échelle galactique, qui ne sera pas de tout repos. Vous avez signé, c’est pour en baver!
Take Back The Earth 
Dans l’espoir de sauver ce qu’il reste de la planète Terre, et d’en finir du même coup avec les moissonneurs, Shepard (qui n’a pourtant pas que des amis) va devoir unifier les différentes races, les diverses armées, en faisant face aux conflits qui font déjà rage sans même compter la présence de ces aliens exterminateurs d’espèces. Si vous vous rappelez bien de la fin du second opus, vous êtes au courant que Shepard travaillait encore pour Cerberus, société secrète dont le but est de promouvoir l’humanité, qui avait ressuscité le commandant après sa mort au terme de Mass Effect premier du nom. Vous le voyez déjà, ça se corse complètement si vous n’avez pas fait les deux précédents opus : sans aucune connaissance de la série, il est strictement inutile d’acheter ce troisième épisode, c’est un fait. En revanche, si vous avez pris le train en marche à partir du deuxième volet, l’histoire est déjà nettement plus facile à appréhender.
Continuons donc pour le début du scénario, sachant que Shepard ne travaille plus pour Cerberus, mais qu’il/elle a été également mis(e) à pied, et s’est donc vu retirer ses fonctions au sein de l’armée. Comble du désarroi, personne ne nous prend vraiment au sérieux au sujet des moissonneurs : il est certes plus facile de regarder ailleurs plutôt que de faire face à la menace pour le conseil galactique qui a souvent du mal à mettre les divers peuples mitoyens d’accord. Malheureusement, les paroles de Shepard sont rapidement illustrées pour le pire, et c’est en plein sur la tête du conseil que les moissonneurs choisissent de débuter leur assaut de la Terre, et ainsi de commencer à éliminer toute forme de vie. Le temps est compté, les ressources aussi, le moral est au plus bas. Sans oublier les différends qui minent les relations entre les habitants de la galaxie. Une situation que seul un commandant aussi illustre que Shepard peut tenter d’améliorer.
L’objectif du jeu tout entier est finalement relativement simple : rallier un maximum de peuples et donc d’armées à votre cause, jusqu’à disposer d’assez de ressources pour lancer l’assaut final. A la fin de chaque mission, et lorsque l’on se promène à bord du Normandy, on peut aller jeter un œil sur les forces disponibles, avec un minimum indiqué avant de pouvoir aller plomber les moissonneurs. Quand les peuples ne se battent pas à vos côtés, ils peuvent apporter leur aide dans la construction du Creuset. Rien à voir avec les pâtes savoyardes, il s’agit d’une arme en pleine construction, érigée en toute hâte - seule chance de vaincre les moissonneurs - initialement pensée par les Prothéens, une espèce disparue mais qui fut technologiquement particulièrement avancée. Autre paramètre, la « préparation » sur certains secteurs galactiques requerra de jouer en ligne pour pouvoir être améliorée, dans un mode dont nous reparlerons dans cet article.
Terrain Connu ou Terres Inconnues ? 
Entre Mass Effect et Mass Effect 2, une véritable petite révolution s’était opérée … qui n’avait pas plu à tout le monde, mais qui avait fait évoluer les choses. La série troquait son aspect RPG contre une composante « shooter » (TPS) bien plus prononcée, conservant heureusement sa profondeur scénaristique de manière inchangée. Dans Mass Effect 3, le constat est un peu mitigé mais tout reste globalement extrêmement fidèle au deuxième épisode, ce qui n’est pas entièrement une bonne chose. De la part de Bioware, on pouvait s’attendre à de vraies améliorations pour faire de Mass Effect 3 le jeu ultime, mais on se cantonne à quelques petites retouches seulement. Et tout se joue principalement au niveau du gameplay, car c’est ce qui fait désormais le plus de tort au jeu.
Mass Effect 3 est un jeu de tir à la troisième personne, et tout joueur Xbox 360 connait le référent en la matière : Gears of War 3 sorti l’année dernière. Qu’on le veuille ou non, ME3 qui passe après est inévitablement à la ramasse d’un point de vue jouabilité. Le système de couverture est particulièrement exaspérant. Il arrive parfois que Shepard ne se mette pas à couvert, ce qui signe son arrêt de mort immédiatement en cas de boucliers faibles. Le déplacement cover-to-cover est plutôt bien mis en œuvre, mais se déplacer en restant derrière la même couverture relève du défi : Shepard ne reste souvent pas à couvert. Évidemment ces problèmes ne surviennent pas tout le temps, mais tout de même trop souvent. Les roulades sont elles aussi trop approximatives : Shepard n’est pas bien lourd(e) mais peine à esquiver. C’est injuste de comparer Gears of War 3 et Mass Effect 3, les deux ne jouant évidemment pas dans la même cour, mais le constat est que Mass Effect 3 n’est pas à la hauteur de son époque question shoot. Et puis, entre nous, les passages en tourelles… il ne fallait pas se sentir obligé…
D’autres réminiscences de Mass Effect 2 se retrouvent dans ce troisième opus, alors que ces dernières auraient méritées d’être améliorées ou complétées. D’abord, certains remarqueront que le but est toujours de former une petite troupe (une énorme plutôt en l’occurrence) afin d’aller éradiquer l’ennemi, rien n’a tellement changé dans le déroulement. Mais comme le scénario est béton, ça passe facilement. En revanche on retrouve par exemple beaucoup d’allers-retours à la citadelle pas forcément judicieux. Plus grave, le déroulement des missions reste le même, l’exploration en moins. Avant il était possible de glaner un peu d’iridium ou quelques crédits ou améliorations en fouillant les niveaux de fond en comble. Cette fois il est difficile de rater quoi que ce soit tellement l’écart possible est faible. On se concentre plus facilement sur le shoot, mais comme il n’a pas vraiment évolué…
Si le moteur de Mass Effect 2 a été réutilisé, on ne peut nier qu’il a aussi été amélioré en plusieurs points. On pourra pester face à l’abus des effets visuels lumineux, mais le tout reste très joli, avec une vraie identité et une capacité unique à faire s’animer des mondes divers. On est entièrement pris dans l’univers Mass Effect et le souci du détail est bien présent. Les temps de chargement ne sont la plupart du temps pas abusifs, sauf à bord du Normandy et dans la citadelle, où ils sont pourtant bien masqués. Comme on est obligé de repasser par ces deux plateformes toutes les missions ou presque, ça finit par être légèrement gênant… Et n’oublions pas le framerate faiblard, qui parvient rarement (jamais ?) aux 60 images par seconde et impose au jeu une fluidité un peu moyenne.
Heureusement, ces points d’ombre qui montrent une trop grande fidélité à ME2 n’arrivent pas à nous faire oublier le fait que Mass Effect 3 est un jeu formidable. Et notamment grâce aux petits clins d’œil à Mass Effect 1 dont le soft est constellé. Parmi eux, le retour des modes d’armes qui fera plaisir aux maniaques en tout genre : un petit revival RPG, aux côtés de nouvelles armures plus variées, d’objets à collectionner et des traditionnels pouvoirs, peu prononcés mais appréciables.
Bouquet Final 
On retiendra au bout du compte de Mass Effect 3 une conclusion excellente à une saga qui l’était tout autant. L’ultime épisode jouit de plusieurs forces qui font sa puissance et son cachet. En premier lieu, une ambiance particulièrement sombre et pesante, très immersive et grandissante. Shepard, de même que tous les êtres vivants de la galaxie, est face à un ennemi contre lequel les chances de gagner sont infimes, et est confronté(e) à de nombreuses pertes. L’ambiance est à la déprime, au dépit mais aussi à la fraternité et la pugnacité. Shepard ne se laissera pas faire, jusqu’au bout. Les musiques, en partie reprises des anciens Mass Effect mais également agrémentées de pas mal de nouveaux thèmes retranscrivent pleinement l’atmosphère de cette guerre galactique désespérée, impliquant le joueur comme rarement. Sans jamais en faire trop. Une véritable réussite, on se sent chez soi en retrouvant l’univers de Mass Effect pour la troisième fois. Et le voir sur le point de s’effondrer, ça fait quelque chose. Les doublages français ont par contre pris un coup de vieux, certains personnages (comme Anderson) s’étant complètement ramollis, souvent en décalage par rapport à ce qui se joue. Shepard et beaucoup d’autres restent sobres et sonnent juste, quelques-uns ont simplement raté le coche sans pour autant discréditer l’expérience. Si l’ensemble des missions propose des histoires légèrement moins intéressantes et originales que ce qu’on a pu trouver dans Mass Effect 2, l’aspect « chapitre final condamné » apporte un véritable souffle au jeu, qui reste d’ailleurs palpitant dans la plupart des cas. Une écriture un peu moins fine par moment, mais un tout entièrement satisfaisant.
Je tiens à garantir qu’aucun spoiler ne sera fait dans ce paragraphe. C’est important, car nous allons être obligés d’y aborder brièvement la fin du jeu. Celle-ci, sans dire de quoi elle retourne, divisera les joueurs qui voudront obtenir la vraie fin (lancer l’assaut avec toutes jauges remplies), non seulement d’un point du vue scénaristique mais aussi du fait que pour voir cette « vraie » fin, il faut impérativement passer par le mode multi-joueurs en ligne. Certains diront également qu’elle ne prend pas assez en compte les choix, mais aussi qu’elle expédie bien trop l’affaire. Vous voilà prévenu, on peut être ravi comme extrêmement déçu, mais désorienté dans tous les cas. Je m’écarte volontairement du spoil en évoquant plutôt les choix au cours de ME3. Le grand avantage est le retour de ceux fait dans les anciens Mass Effect, comme des PNJ qui, sauvés ou sacrifiés, réapparaîtront ou non dans l’arc narratif. Le poids des décisions est bien là, alors que de nouveaux dilemmes s’imposent également dans ce troisième opus, en parfaite continuité avec le reste de la saga. Une fois de plus, il va falloir choisir entre le pragmatisme et la conciliation (« méchant ou gentil » ), mais également entre deux solutions dont aucune n’est bonne ou mauvaise, mais dont les conséquences sont forcément graves. Une fois encore l’ambiance est assurée, et le scénario prend un poids toujours plus important du fait de l’implication du joueur.
Krogan malgré lui 
Personne n’en voulait, du mode multi-joueurs de Mass Effect 3. Bioware avait donc tout intérêt à ne pas le réaliser à la légère, tellement celui-ci commençait avec une cote de popularité basse. Mais pas mal de choses ont changé depuis qu’il a été annoncé que ce mode multi n’influencerait pas l’intégrité du mode solo, et ne serait pas nécessaire à la réalisation de toutes les missions de l’histoire. C’est en grande partie vrai, ce mode coopératif peut donc être vu uniquement comme un petit bonus, pour ceux qui sont connectés au Xbox Live avec abonnement. Commençons simplement par décrire les deux soucis principaux de ce terrain de jeu en ligne : premièrement il influe sur le jeu solo dans la mesure où obtenir la vraie fin nécessite d’y jouer, plutôt handicapant si on n’est pas membre Gold. Deuxièmement, le jeu incite, par un système que l’on va expliciter d’ici quelques lignes, aux micro-transactions. Si on veut plus de chances d’avoir de meilleures armes, et de réussir plus facilement et plus vite les missions multi, on peut débourser quelques MS Points pour accélérer les choses. Ce n’est absolument pas obligatoire, ni très utile, mais laisse un arrière-gout amer de Free-to-Play…
Précisons donc : le mode multi en ligne de Mass Effect 3 place quatre joueurs, utilisant des personnages créés de toutes pièces (armes, race, classe, capacités), dans plusieurs arènes. Le but est de repousser 10 vagues d’ennemis bien coriaces tout en effectuant des petites missions. Par exemple assassiner des cibles précises, enclencher un transfert de données (et donc rester à proximité d’un même point à défendre), avec un temps limité. Les missions subsidiaires rapportent XP et crédits. Ces crédits peuvent être dépensés pour obtenir des objets à usage unique, rendant la partie parfois nettement plus facile, mais distribués aléatoirement. On paie avec de l’argent virtuel pour un équipement dont on ne connaît pas la nature. C’est un peu la loterie. On peut donc s’aider d’argent réel également. Ça ne déséquilibre pas le jeu, mais ce n’est pas vraiment légitime non plus... A quoi bon payer pour jouer moins ? En tout cas, ce mode en ligne reste sympathique, vaguement original mais pas indispensable. Un bonus agréable somme toute, qui viendra rallonger un peu une durée de vie pourtant déjà correcte pour le solo qui compte 25-30 heures tout comme Mass Effect 2, avec peut-être moins de missions annexes.
Détails
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Jouabilité
Rien d’horrible, le jeu est très jouable. Toujours est il que l’on aurait vraiment aimé une mise à jour par rapport à Mass Effect 2, notamment vis-à-vis du système de couverture bancal. Le titre reste incroyablement complet et fouillé. | 7/10 |
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Graphismes
Mass Effect 3 est très joli, profite d’un design excellent mais souffre encore d’une fluidité assez faible, et de temps de chargement parfois embêtants. La présence de deux CDs est aussi mal gérée. Un jeu qui reste bien sûr très agréable à regarder et qui nous transporte littéralement. | 8/10 |
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Durée de vie
Difficile de se plaindre de la durée de vie de ME3. On passera une trentaine d’heures sur le solo pour les plus méticuleux, avec une bonne rejouabilité malgré des quêtes annexes parfois un peu bateau. De plus le multi, sympa mais pas incroyable, apporte tout de même ses quelques heures d’amusement. Pour qui aime lire et fouiller, c’est le paradis dans l’espace grâce au codex et au Normandy. | 8.5/10 |
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Le son
Gros effort sur les musiques dans ce troisième opus, malgré une petite baisse des doublages français. L’ambiance plus lourde et grise se retranscrit par de superbes compositions, tout en reprenant les thèmes futuristes à succès de la série. On écoute avec autant d’attention que l’on regarde, sans être déçu. | 9/10 |
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Xbox Live
Implémenter un mode multi à Mass Effect implique un besoin de connexion d’abonnement, et d’un passe en ligne. Toutefois on ne rate pas grand-chose si on n’y a pas accès : le online est vraiment sympathique mais peu inventif, assez vite lassant quoiqu’amusant un moment. Bien mais loin d’être top, un petit plus agréable, nécessaire pour débloquer la « vraie » fin… qui n’a pas fini de faire jaser. | 6.5/10 |
Conclusion
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Pour conclure sur la conclusion, disons simplement que Mass Effect 3 vaut franchement l’investissement. Si vous n’avez pas joué aux deux autres épisodes, passez votre chemin (ou mieux : allez les acheter au plus vite), mais si vous êtes connu des services de l’alliance et que des interrogations subsistaient quant à ce troisième volet, foncez ! La saga se termine dans un épisode à l’atmosphère lourde, mais dans un univers toujours aussi fouillé, complet et attirant. On regrettera que le gameplay n’ait pas connu d’évolution, certes, mais l’aventure vaut pleinement la peine d’être vécue. De grands enjeux, un scénario épique : un final grandiose. |
9/10 |
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| + | +L’ambiance plus sombre +Conclusion grandiose +Un univers ultra-prenant +La reprise des choix passés
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- | -Le mode multi seulement passable -Fluidité moyenne -Peu de vraies innovations
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Commentaires