Considéré comme étant une arlésienne du jeu vidéo, au même titre que Team Fortress 2 ou Duke Nukem Forever, Tommy, notre héros à plumes vient titiller nos mirettes après onze ans de gestation. Annoncé après la sortie de Duke Nukem 3D en 1995, Prey aura su nous faire rire, tellement la presse ne croyait pas en lui, nous permettant en plus de créer les jeux de mots les plus foireux de ces douze derniers mois.
Petite Preysentation.Tommy, un jeune Cherokee ne se sent pas bien dans sa réserve. Chose compréhensible quand on sait que les indiens sont parqués comme du bétail aux USA. Du coup, il aimerait bien emmener sa petite amie Jen avec lui. La demoiselle étant fière de ses origines, elle préfère rester dans sa réserve avec les siens. Plus tard, on s�apercevra au fil de l�aventure que Tommy est l�archétype du mâle qui prend les choses en main. Enfin qui tente de prendre les choses en main, je devrais dire.
En plus d�avoir des problèmes de c�ur, Tommy rejette constamment son grand père, Enisi, qu�il considère comme une relique des croyances indiennes. Tommy est de nature cartésienne. Evidemment, pour coller à l�image de la déchéance peau rouge, le jeu débute dans le bar de Jen. Cool ! Je vais pouvoir me descendre une bière en attendant E.T. et ses potes.
Preymier contact.Les aliens font une entrée fracassante, le style qui casse la baraque. Les lumières s�éteignent, mais on arrive à distinguer les formes dans le bar. On s�approche de la fenêtre pour voir, stupéfait, une voiture se faire enlever par un rayon verdâtre. Dans ces circonstances, l�américain de base serait tenté de décrocher le téléphone, composer le numéro du FBI et contacter Mulder et Scully, mais non. Tommy est un Cherokee, alors il sert les fesses et attend. Courage Tommy, ce n�est douloureux que la première fois.
Après un chargement assez long, on se retrouve lié à un "brancard" avec son grand père est sa copine qui n�arrête pas de crier. Dommage que je sois enchaîné, je lui en collerai bien une pour la faire dormir ! Ce sera l�occasion d�admirer le paysage, puisque comme dans Half Life, on ne peut rien faire. Ah tiens ! En fait, nous ne sommes pas tous seuls. Des dizaines et des dizaines d�humains transitent comme nous, implorant les cieux de ne pas mourir. On remarque aussi que le vaisseau, dans lequel notre Tommy se retrouve, est composé à la base de tissus organiques parasités par une race alien. Ces derniers y ont installé des infrastructures mécaniques. Un petit peu comme si une colonie de hamster s�installait dans votre postérieur. L�architecture est un clin d��il à l�anatomie humaine puisque le vaisseau est composé de "salles" et qu�il se nourrit de corps organiques pour subsister. Ici, le casse-croûte du jour est élevé au grand air du Nevada.
Evidemment, on sait très bien qu�on ne va pas mourir tout de suite, parce que 65� pour dix minutes de jeu pousserait forcément les joueurs à aller lyncher, dans leurs locaux, les petits gars de Human Head Studios et leur producteur, 3D Realms. Même si dans le cas de 3D Realms, on pourrait déjà les lyncher sous prétexte de s�être oublié depuis déjà onze ans sur Duke Nukem Forever. Mais je m�égare. Tommy doit sa délivrance à un acte de sabotage d�un individu rebel qui parle lui aussi le "Iouesse". Ca tombe bien, Tommy va pouvoir péter des tronches ! Fallait pas l�énerver Joe l�indien.
Fait tes Preyières E.T. !C�est parti pour une petite dizaine d�heures de jeu, où on massacre de l�alien à coup de clé à molette, fusil d�assaut alien, lanceur d�acide et j�en passe. Prey ne brille pas par l�abondance de ses armes, 7, dont 6 aliens. Elles sont, malgré tout, complètement différentes. Leur aspect colle parfaitement à la technologie extraterrestre : la bio-méchanique. Quoi de plus naturel d�avoir un lance-grenade organique, qui rappelle fortement le Face Hugger du film Alien, éjecter les grenades par son rectum ? Ou alors le crabe explosif : on lui arrache une patte, on le lance et il explose, son cri faisant office de compte à rebours.
L�arsenal est aussi ragoûtant que les ennemis qu�on abat. Humains modifiés et formatés, espèces de gros rats à longues dents, chasseurs et leurs chiens affectueux, et j�en passe, le meilleur du bestiaire se trouvant vers la fin du jeu. Certaines créatures font penser à d�autres croisées dans Doom 3, à l'image des Centurions qui rappellent les Seigneurs Démons.
Comme Tommy se trouve dans un vaisseau spatial, la gravité est sujette à modification. Certaines énigmes demanderont un certain sens gravitationnel. Si l�on ajoute à cela qu�il faudra aussi avancer avec le Wallwalk (on marche sur les murs par un chemin spécifique), les plus fragiles de l�estomac risquent de maquiller l�écran. C�est maman qui va être contente ! Ca nous change des énigmes sur la physique d�un Half Life 2.
ImPreyssionnant (©Canard PC 2006)Graphiquement, Prey n�a rien à envier à la version PC. Le jeu est aussi beau et est assez fluide la plupart du temps. Si Doom 3 avait été adapté sur Xbox360, on se dit qu�il serait forcément une réussite ! Même avec toute la débauche de bio-méchanique que supporte la sphère-vaisseau, on arrive encore à ressentir l�immensité froide et futuriste de certains environnements, ce que n'arrivait pas à retranscrire le titre d'ID Software.
Servi par une bande son de Jeremy Soule, qui a déjà officié sur Oblivion (et sur Guild Wars), le joueur a l�impression de se retrouver devant la Guerre des Mondes ou Independance Day. Oui, fallait bien que je cite un navet. Chaque monstre du bestiaire possède ses propres intonations, et les Hunters communiquent même. "Drop your weapon !", "Kill him !", ils se donnent même des ordres, loin d�être bêtes, ils contournent le joueur et le prennent en étau.
On ressent aussi l�affiliation du jeu à 3D Realms. Tommy ne se gêne pas pour parler, quand il fait une boulette, pour répondre à ses interlocuteurs, ou pour faire une réflexion en pleine action. Ca rappellera bien des souvenirs aux joueurs de Duke Nukem 3D.
Preypare ta tribu !Human Head Studios préférant se concentrer sur l�histoire, et donc tout naturellement sur le solo, Prey se voit doté du minimum syndical pour le multi : Deathmatch et Team Deathmatch. C�est peu, mais déjà assez pour amuser les 8 joueurs d�une session. Les maps se révèlent de bonne taille, ce qui laisse les joueurs respirer entre deux frags. En plus d�être en nombre respectable, chacune d�entre elles mettra l�accent sur une originalité environnementale du jeu. On aura accès aux parties classées, histoire de se taper la bourre avec Bison Poilu pour devenir numéro 1 de sa tribu.
On regrettera tout de même le manque d�ergonomie lorsqu�on recherche une partie classée. Le jeu passe trois plombes à scanner le Live pour vous proposer trois sessions (si si, ça se comptait sur les doigts d'une main), qui ne m'étaient pas accessibles car les joueurs étaient en cours de jeu (sic !). Au lieu d�enregistrer les noms de sessions et leur nombre, le jeu re-scanne le Live à chaque fois au lieu de proposer une option de rafraîchissement qui est désormais une option de base (présente dans Battlefield 2 MC). Après avoir passé un après midi, puis un début de soirée à tenter de me connecter, je ne peux pas dire si le multi lag comme la démo. En tout cas, le menu multijoueur n�encourage pas le joueur à persévérer.
Preycheur indien.- Alors, du Prey, madame, je vous en mets combien ?
- Je ne sais pas ? Ca me fera un bon repas ?
- Comptez dix petites heures seule et le minimum syndical en multi.C�est bien ça le hic ! Prey est court, très court en solo. La faute à un mode normal (difficulté la plus faible) trop facile, et d�un mode Cherokee pas plus retord. Le fait de pouvoir se régénérer durant sa mort en tirant sur des spectres de couleur pour reprendre automatiquement là où on en était rend le jeu à la portée de tous. La seule différence en mode Cherokee est l�absence de pastille de soin au sol, et la faculté d�encaissement de Tommy. Doté de bonnes idées, Prey démarre lentement pour prendre un rythme infernal vers la fin. Le multijoueur aurait pu continuer sur la lancée du solo, mais il ne se résume qu�à un réseau local ou Live.