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Edition du 17 mai 2012, 23:50   27 personne(s) en ligne et 7027 inscrits

RAGE
Publié par ZombieHunter le mercredi 19 octobre 2011 à 10:00

Cela commençait à faire un bon moment que l’on n’entendait plus parler, sur la scène du FPS actuelle, de id Software. Ce studio mythique, considéré par beaucoup comme créateur du genre, s’était plus ou moins éclipsé après le troisième épisode de Doom. Leur dernier projet, RAGE, dont on a commencé à parler il y a longtemps mais dont la sortie paraissait toujours plus lointaine, nous arrive enfin. De grosses attentes se cristallisent, John Carmak et son équipe sont attendus au tournant. Comme vous allez le voir, ce nouveau-né s’avère turbulent et sacrément bourrin. Accrochez-vous !



Le retour de FPS sauce Id


On était bien en droit de l’attendre, ce nouvel arrivage de chez Id. On a beau être gâtés en FPS, très nombreux et parfois de très bonne qualité, il est indéniable que les fanas de shooter old-school et direct, comme pouvaient l’être Doom et Quake à leurs époques, n’ont pas grand-chose de bourrin à se mettre sous la dent. C’est ce que compte bien changer RAGE, et c’est d’un très bon pied qu’il part. Tout en incorporant quelques mécaniques modernes obligatoires, et avec une certaine inventivité pour une partie de l’armement, on retrouve bel et bien les sensations de la belle époque du First Person Shooter. RAGE nous plonge dans un univers encore inexploré par le studio : le monde désertique post-apocalyptique comme on n’avait pu le voir dans Borderlands par exemple, non sans clins d’œil spatiaux à ses ancêtres. Les canyons et les ennemis steam-punks ou mutants peuplent le monde ravagé par un astéroïde géant, laissant seuls les quelques humains restants.

Une fois sorti de votre arche, sorte de capsule intemporelle dans laquelle notre personnage a passé un grand nombre d’années, encore à moitié cryogénisé, on se retrouve au milieu d’un canyon, évidemment peuplé d’individus peu recommandables. Un homme civilisé du coin nous sauve : reconnaissance oblige, il faudra l’aider à se débarrasser de bandits et à aller quérir diverses ressources sous forme de quêtes, toujours plus dangereuses. Si la map du Wasteland, la grande terre désertique, peut être visitée de fond en comble en véhicule, les lieux où se déroulent les missions sont très linéaires et ne proposent presque pas d’exploration. Beaucoup regretteront de ne pas retrouver la liberté d’un FPS old-school. Avantage du procédé : on ne risque pas de se perdre. On traversera également trois villes, dans lesquelles il sera possible de parler aux habitants, faire des emplettes (munitions, objets pour le craft, amélioration de son armure…), jouer à des mini-jeux. C’est immersif et sympathique, bien que les dialogues soient un peu évasifs.

Ces couloirs sont une bonne raison pour les ennemis de vous attaquer de front, et en masse. Votre arsenal, au départ très limité, va s’agrandir rapidement pour vous permettre d’exterminer bandits cruels et primitifs, ainsi que mutants bien sales. Et ce sera là évidemment le cœur du jeu : faire manger des tonnes de plomb et d’acier à des créatures belliqueuses. Alors que le tout début du jeu ne permet d’utiliser qu’un pistolet basique, peu pratique et doté d’une visée approximative, on pourra bien vite se cacher derrière un imposant fusil à pompe, une mitraillette qu’on jurerait faite-main, une arbalète aux carreaux revêtant plusieurs particularités. Par exemple, certains sont électriques : deux ennemis ont les pieds dans la même flaque d’eau ? Faites d’une pierre deux coups ! De plus cette arme très intéressante a la particularité d’être silencieuse, au même titre que les boomerangs tranchants qui peuvent décapiter n’importe quel opposant. Un brin d’infiltration est donc possible au début de chaque mission. C’est toutefois assez mal fichu puisqu’on se fait très vite repérer quoi qu’il arrive. Heureusement, l’intérêt n’est pas de rester tapi dans l’ombre. En clair, malgré certaines techniques comme celle des carreaux électriques que l’on ne retrouve pas assez souvent dans le jeu, le maniement des armes fournit du plaisir à l’état pur.

Le sentiment jubilatoire d’abattre tous ces ennemis contre-nature est renforcé par deux aspects. Premièrement, les réactions de ceux-ci : si l’IA est encore très perfectible, elle agit de manière relativement cohérente, mais surtout les mouvements des mutants et soldats sont particulièrement vifs, agiles, et bien mis en scène. Ils se tordent souvent de douleur une fois quelques balles bien placées, vous courent dessus comme des dératés avant de s’effondrer littéralement à vos pieds après avoir gobé une jolie chevrotine. Très bon, mais non moins que l’excellent sound-design des armes du jeu qui transpire la crasse et la douleur par tous les pores. Les mitrailleuses claquent comme si elles étaient rouillées, le pistolet semble exploser à chaque vidange du barillet, on en aurait presque mal pour ces pauvres mutants. De quoi se prendre pour un vrai Mad Max, et déverser sa bile via un arsenal duquel émane un indéniable plaisir de prise en main. On pourra uniquement reprocher un accès aux différentes armes un peu lent en jeu mais la gestion des objets à fabriquer, utilisables ou non, est tout à fait intuitive.

Magnifiquement troublant


A peine sorti de l’arche dans laquelle on est initialement cloîtré, dans les toutes premières minutes de jeu, on est immédiatement frappé par le paysage qui nous saute aux yeux : c’est absolument magnifique. Un immense canyon s’offre à nous, d’une profondeur exemplaire, profitant d’un éclairage superbe, d’un ciel resplendissant et d’une sorte d’écosystème de fer rouillé en son centre. Autant dire que le début annonce du très gros d’un point de vue visuel et design. Vous vous attendez peut-être à ce que je vous annonce tristement que cela va se gâter par la suite, mais je n’en ferai rien ! Pour cause, les plans de ce type restent sublimes tout au long du jeu, se diversifient même. Les différents niveaux qui abritent les quêtes principales connaissent le même traitement réussi avec brio. Allant de la chaleur au très froid et glauque, on traverse plusieurs écosystèmes distincts mais tous bien crades et sanglants. Entre l’hôpital aux murs dégoulinants de sang et infesté de pus et les tas de cadavres en décomposition soigneusement conservés par les pires bandits du Wasteland, il y a de l’identité visuelle !

Mais comme il faut bien quelques défauts, graphiques toujours, pour compenser des si jolies (ou atroces) scènes, il faudra bien aborder la finition des textures qui laisse franchement à désirer. Pour être imagé, disons que les environnements sont très beaux quand on en est un minimum éloigné, mais deviennent très imprécis et grossiers dès qu’on s’en approche trop. Si on n’ira pas vérifier chaque pierre des immenses canyons à la loupe, on est fatalement surpris par une rambarde d’escalier triangulaire et toute floue, par un caillou ressemblant à une patate, etc… Il faudra malheureusement ajouter à ce constat un streaming tardif des textures. On peut imaginer qu’Id n’a tout simplement pas eu le temps nécessaire pour peaufiner son jeu, tellement l’ensemble est beau. Que penser alors de l’aspect visuel de RAGE ? Pour être franc, on est forcément convaincu si on adhère au style. Impossible d’accuser la direction artistique quasi-irréprochable, et on ne retient au final que le côté ultra joli de RAGE, atteignant peut-être le summum de la classe post-apocalyptique.

Enragé(s)


Autre composante bigrement chouette que l’on retrouve chez RAGE : les curieux auront vraiment de quoi satisfaire leur mauvaise habitude, car le jeu est littéralement fourmillant de détails et de petits bonus cachés ça-et-là. Rien de mirobolant à la clé, mais des cartes bonus à utiliser dans un mini-jeu assez amusant, plusieurs gros clins d’œil au parcours vidéo-ludique d’Id Software, et un plaisir continu de découverte. Point noir en opposition : une durée de vie assez courte, un peu moins de dix heures en ligne droite et quinze heures en comptant les quêtes annexes et le multi. Petite précision quant aux bonus digitaux de l'édition Anarchy : on gagne un accès aux égouts du Wasteland, auxquels on peut accéder depuis de nombreux endroits. Pour être franc, les objets qu'on y trouve et les quelques missions à faire sont très anecdotiques. Même si le design humide des entrailles du désert est très sympa, le contenu n'a que très peu d'intérêt. Cette édition apporte également une arme bonus, un fusil à canon scié assez puissant, et permet de choisir une armure ultime pour rendre le jeu plus facile. C'est typiquement le genre d'offre pour lesquelles il est inutile d'investir, qu'on se le dise.

Oui, vous avez bien entendu, le multi. Passé complètement à la trappe médiatique, les modes multi-joueurs de RAGE, bien que sympathiques, ne méritent de tout façon pas qu’on s’y attarde trop. On dispose de deux contenus distincts : une liste de missions soi-disant scénarisées à réaliser en coop, et des courses de buggy. Les missions ne sont qu’un prétexte pour défourailler du vilain en suivant quelques petits objectifs très basiques. On nous livre un topo au début, mais complètement inutile et inconsistant. L’intérêt viendra du fait d’y jouer en coop, en ligne ou en local, ce qui est franchement agréable. Ces quêtes ne sont pas très nombreuses et relativement courtes, car limitées en temps. Concernant les courses de buggy, elles prennent en fait la forme de matchs à mort courts, dans lesquels il faut capturer des points de contrôles, qui apparaissent aléatoirement en passant simplement dessus, pour rapporter des points. On peut également bien sûr exterminer les autres participants, mais le système atteint très vite ses limites en termes de fun.






Détails
Jouabilité
La prise en main des armes est très bonne, avec des visées distinctes et particulières. Seul l’accès aux armes en jeu, via une « roue » se déployant avec RB laisse un peu à désirer, puisque changer d’arme prend quelques précieuses secondes. Le buggy se manie bien, contre toute attente.
8/10
Graphismes
Alors que les paysages et les intérieurs sont magnifiques et profitent d’un design à se rouler par terre, certains détails sont tout simplement oubliés. Le résultat reste dans un degré esthétique très haut, heureusement, mais est parfois entaché. RAGE n’a, dans l’ensemble, pas à rougir de ce point de vue.
8.5/10
Durée de vie
En moyenne, le jeu tiendra en haleine une grosse dizaine d’heures. RAGE est finalement avare en contenu, même si on se prendra à vouloir le refaire. On peut déjà commencer à oublier le mode multi-joueurs en ligne tellement il est plat, la coop pourra cependant plaire à certains. Hélas, elle non plus n’est pas énorme.
6.5/10
Le son
Tout sauf réaliste, le travail au niveau du son est grandiose. Il est rare qu’on ait mal pour l’ennemi rien qu’à entendre siffler les balles sortant de notre artillerie. Les dialogues sont plutôt bons, et les doublages français franchement pas mal. Les musiques sont très oppressantes et collent parfaitement : du grand boulot !
9/10
Xbox Live
Le mode online a deux facettes : des courses de buggy tout à fait dispensables au cours desquelles on s’ennuie très vite. Ce n’est pas mal fait, mais très peu intéressant. Les missions jouables en coopération sont amusantes, précisément parce qu’elles se jouent à plusieurs. Mais elles n’occupent pas bien longtemps.
4.5/10


Conclusion
Id Software revient sur le devant de la scène FPS avec un shooter particulièrement couillu. On attendait des quêtes plus ouvertes, mais la linéarité ne fait qu’accentuer plus encore l’aspect barbare de RAGE. C’est ce qu’on cherche, c’est ce que le jeu nous offre. Le tout avec quelques quêtes intéressantes, dans leur déroulement surtout, un arsenal fait-main absolument jouissif, et sur fond de désert post-apocalyptique très réussi. N’y allons pas par quatre chemins : si vous êtes de l’ancienne école de FPS et si Doom, Quake ou autres Duke Nukem font encore vibrer votre cœur à leur simple évocation, foncez immédiatement acheter RAGE.

8.5/10

 +

+ Très beau
+ Les armes
+ De la violence primitive
+ L’ambiance glauque
 -

- Finitions graphiques absentes
- Un peu court
- Le multi




Commentaires

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Auteur Commentaire
Aurelab 89 

GT : Aurelab 89
Posté : 19/10/2011 16:47      

Du coup je compte l'acheter plutôt d'occasion, vraiment déçu par la faible durée de vie

Mais le reste tient la route !


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Fiche du jeu
RAGE

Editeur :
Bethesda Softworks

Développeur :
id Software

Jeu disponible

Site officiel :
ici

Démo(s) :

Note :   8.5/10     Lire le test

Note des membres :   ??/10
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