Les jeux de golf ne sont pas légion sur nos consoles de salon. La Xbox a, en son temps, accueilli Links 2004, accessible, mais qui a pompé la majeur partie de son gameplay sur la série des Tiger Woods dont nous testerons le dernier opus ici. Le tigre est-il toujours le roi des bois ? A-t-il lui aussi souffert du syndrome « démo à 70 euros » ?
Je dois être franc et avouer que, mis à part Links 2004 sur Xbox, je n’ai jamais joué à un Tiger Woods auparavant, et surtout à une simulation de golf en général. Non, Mario Golf et Everybody’s Golf (Mina no golf en VO) ne sont pas des simulations. Pourtant, j’ai toujours entendu parler de Tiger Woods en bien (le jeu, pas le golfeur). Avec la sortie de la 360, les amateurs de golf, il y en a, auraient pu rester sur leur faim. Fort heureusement, ce TW06 vient combler les besoins des pros du 18 trous (ce n’est pas sale).
Première étape, après avoir lancé le jeu : esquiver pour ne pas se le reprendre en pleine poire. Oups ! Je me trompe avec le Guide de l’Enervement devant l’Ecran. Non, la vraie première étape est de créer son golfeur. A la manière d’un Top Spin, mais en encore plus mieux mieux ! Si, si, mieux que Top Spin ! J’ai même réussi à me refaire en numérique, mais on a toujours tendance à s’améliorer. J’en veux pour preuve, Lebaronrouge a même réussi à se rendre beau gosse, un comble. Il faut tout de même avoir l’œil, mais dans l’ensemble, la création de l’avatar se fait très simplement. Une fois votre Billy numérique créé, direction le vestiaire. Qui dit golf, dit : « la classe ». Pas de punk, de jean déchiré sur le green. Néanmoins, on ne ressemblera pas à un bourgeois coincé, avec certaines chemises fantaisistes. On finira par un petit tour des animations et la distribution des points de compétence, et votre avatar sera fin prêt à évoluer sur le green.
Rien ne vous empêche de débuter par le seul et unique parcours ouvert sur les six disponibles avec Tiger Woods, lui aussi disponible dès le début, mais il faudra forcément passer par la case carrière. Si vous pensez commencer directement en affrontant les plus grands, vous vous collez le club dans l’œil. Il faudra d’abord remplir divers objectifs, tous portés sur les compétences de votre golfeur : putt, chip… tout y passe. Là aussi, vous allez en baver, c’est assez coton. La carrière s’annonce très longue, mais heureusement, rien ne vous empêchera de revenir améliorer vos prestations. Mais ce TW06 a un gros avantage.
Dans n’importe quel mode de jeu, que l’on perde ou que l’on gagne, on engrange des points de compétence pour son avatar, un peu comme dans un RPG. Une fois le total suffisant, on peut le dépenser dans l’achat de points de compétences. Mais attention, les points gagnés en putts ne sont pas dépensables dans l’évolution de la puissance. De même, certains points concernent deux compétences. Il faudra donc faire un choix cornélien afin d’équilibrer son apprenti golfeur. Je peux vous assurer que vous aller prendre goût à bichonner votre avatar, à le faire évoluer.
Bien sûr, les compétences de votre golfeur influeront sur la jouabilité. Ca pourrait être très génant, mais en fait, Tiger Woods est un modèle de jouabilité. Il offre plus de possibilités que Links 2004. A titre d’exemple, Il est possible de donner un effet à sa balle lorsqu’elle est en l’air. Cet effet permettra d’allonger la distance parcourue, ou de la diminuer. Vous avez le contrôle de la balle à tout moment. Evidemment, le joueur qui arrivera à « sentir » son jeu aura un gros avantage sur le joueur passif. La jouabilité est donc le second point fort de TW06. Le seul élément qui ne fera pas simulation est le Gamebreaker. En jouant, vous remplissez (ou videz) plus moins la jauge de Gamebreaker. Un fois celle-ci pleine, vous aurez la possibilité de faire un super coup. Ca permet entre autre de réaliser un trou en 1. Une façon d’influencer la partie.
Après le test de Fifa06, je craignais que TW06 souffre du même problème concernant ses graphismes. Et bien non, les graphismes sont corrects sans plus. Si l’on met Links 2004 à côté de lui, l’évolution graphique n’est pas si flagrante, sans compter que le framerate n’est pas au mieux de sa forme. Il n’est pas rare de tomber à 30 images par seconde. Honnêtement, je chipote. Ce n’est pas dans un jeu de golf que l’on a besoin d’un super framerate ultra fluide. Cela servirait à quoi, mis à part le confort des yeux ? En contre partie, des effets de flou viennent s’incruster, ou des effets d’optiques pas désagréables. Acheter TW06 pour ses graphismes serait une sottise. Petit détail bien amusant : la possibilité de shooter les spectateurs.
Une fois paré à finir votre trou par le plus beau putt de votre vie, il serait dommage d’être déconcentré par la bande son. C’est pour ça qu’il n’y a pas de musique durant les phases de jeu. Seuls les commentateurs (en anglais) viendront commenter votre réussite, ou votre poisse. Ils ne sont jamais gênant, ce qui est obligatoire si on ne veut pas déconcentrer le joueur. On entendra juste les petits oiseaux, les spectateurs braillant parfois, et même les avions passer au loin quand ce n’est pas le bruit du ressac. Les menus sont soutenus par une musique plutôt agréable et reposante. Tiger Woods 06, c’est la zen attitude.
Après une première approche correcte, reste à savoir si TW06 nous tiendra en haleine. Manger du golf à tous les repas peut être rédibitoire. Néanmoins, là aussi TW06 s’en tire bien. Je vous ai parlé de votre avatar, mais je ne vous ai rien dit des parcours. Certains penseront que 6 parcours, ça fait short. Et bien, là aussi, les parcours sont un vrai cauchemar. Ils sont très bien faits, ce qui est normal, ce sont les parcours officiels du PGA Tour, et les apprendre par cœur va vous demander du courage et de la patience. Imaginez si en plus vous jouez entre potes (jusqu’à 4 joueurs). La durée de vie augmente largement, que ce soit en strokes play, match play, skins, et j’en passe. Tous les modes de jeu sont présents, ce qui rend ce TW06 complet à souhait.
La plupart des joueurs joueront sur XboxLive. Jusqu’à présent, le online propriétaire d’EA laissait à désirer. On ne change pas une formule qui gagne… pas. Le fait de ne jouer qu’en journée ne nous a permis de ne jouer que contre des anglais (dont certains, je le rappelle, sont anti-français). Sympa le mec qui met sa musique à fond, qui sifflote et souffle dans son micro quand c’est à mon tour de jouer. Voyant que ça ne me déconcentrait pas, il déco, un vrai gentleman comme on n’en fait plus. Passons cette parenthèse qui ne fait rire que moi.
On remarque un léger lag, pas vraiment gênant, mais qui aurait pu être gommé. Le serveur se décompose en salles, chacune accueillant un nombre limité de joueurs. Le menu online est assez complet cependant, ce qui est un bon point, en revanche, ça se retourne contre lui. On se paume facilement. Le menu n’est pas instinctif, mais après quelques parties, l’habitude prend le pas. Je dirai donc que le mode Live est acceptable, même si de 4 joueurs, nous aurions pu passer à plus.